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COMMENT LES GESTES S'INSCRIVENT ET S'ECRIVENT

Un matin pluvieux de novembre avec Isadora Duncan

Un matin pluvieux de novembre avec Isadora Duncan

Aujourd'hui jour d'automne. Le grenadier attire mon regard de son éclat jauni. Les bananiers luisent  comme cirés par les gouttes qui s'écrasent en  sons mats et  monotones. C'est un jour à rentrer en soi-même ...

Je m'assieds à ma table bistrot,  et reviens sur cet article que j'avais écrit en janvier 2020, sur le langage du corps, la danse. La danse écrit et trace des signes que le langage parlé n'exprime ni ne décrit. Elle joue son rôle ineffable et indicible. La littérature peut atteindre l'ineffable entre les mots, par le son ou l'articulation des mots entre eux.  Les sensations jaillies  du  silence prennent leur source dans ce qui n'est pas dit mais qui est présent. 

La danse s'installe dans le geste et l'on peut se demander ce que devient le geste en littérature. Le geste peut être codé socialement ou libre, partant du corps lui-même, de son écoute.

C'est ainsi que je reviens sur "ce chemin d'écriture", possible et ouvert à l'exploration de ce qui est ...  et qui répond à la question : "pourquoi dansez-vous ?" par "je danse tout simplement"  (Cunningham) que l'on pourrait transposer à l'écriture.

Je m'arrête là, craignant le verbiage ou  le verbeux qui ne dit rien, et vous propose un rendez-vous au théâtre de Nice, qui sera riche de réflexions et d'expériences diverses qui pourront nourrir l'imaginaire et notre "réel merveilleux", pour reprendre  Giacometti.

 

Le TNN (Théâtre de Nice) propose en décembre (le 9 décembre 2021 à 19h), une conférence dansée autour d'Isadora Duncan. 

J'y serai et nous pourrons nous donner rendez-vous avant la conférence-spectacle si vous me faites savoir que vous avez réservé pour cette soirée sur : plauranice@gmail.com.

Conseil artistique Rebecca Lasselin 

Production R.B. Jérôme Bel Coproduction La Commune - CDN d’Aubervilliers, Les Spectacles Vivants - Centre Georges Pompidou - Paris, Festival d’Automne - Paris, Tanz im August - HAU Hebbel am Ufer - Berlin, BIT Teatergarasjen - Bergen, avec l’aide du CND - Pantin [accueil en résidence], MC93 – Bobigny et La Ménagerie de Verre - Paris [Studiolab - espaces de répétitions]
R.B. Jérôme Bel 
est soutenu par la DRAC d'Île-de-France, de l'Institut Français - Ministère des Affaires Étrangères et par l'ONDA.

Avec le portrait dansé d’Isadora Duncan, Jérôme Bel poursuit sa réflexion sur la dimension politique de la danse. Confrontant le passé des archives au présent de la performance, Isadora Duncan est l’occasion de contempler une pensée à l’œuvre.

La danseuse et chorégraphe américaine Isadora Duncan, pionnière absolue de la danse moderne, incarne une liberté nouvelle. Avec ses pieds nus, ses fines tuniques “à la grecque” et ses mouvements libres, c'est-à-dire affranchis de toute technique connue, elle imposa une nouvelle idée de la danse qui repose sur l'invention, l'improvisation et l'harmonie du corps et de l'esprit.
Avec cette pièce conçue pour Élisabeth Schwartz, Jérôme Bel poursuit la série des portraits de danseurs et danseuses,  initiée en 2004, en se concentrant sur la figure d’Isadora Duncan dont elle est une spécialiste. Jérôme Bel découvre sous le personnage romanesque une chorégraphe visionnaire qui, par sa grande liberté d'expression privilégiant la spontanéité et le naturel, apporta les bases de la danse moderne, à l'origine de la danse contemporaine. Mêlant les registres discursif et sensible, moments parlés et solos dansés, le spectacle ravive le souvenir de la danse libre en associant le savoir chorégraphique à l’expérience du plateau.

Schwartz “enseigne“ le souffle propre à Isadora autant que la justesse de la chorégraphie.
Philippe Noisette, Les Inrockuptibles


Bel signe un nouveau portrait dansé. Il s’agit de mener l’enquête sur l’inventrice des danses libres. Bel la suit en questionnant l’autobiographie de Duncan et en ouvrant un dialogue avec Elisabeth Schwartz.
Ariane Bavelier, Figaroscope

 



Attitudes habillées
[Le Quatuor]


Chorégraphie Balkis Moutashar

avec Clémence Galliard, Balkis Moutashar, Sylvain Riéjou, Violette Wanty 

Dramaturgie Youness Anzane Scénographie Claudine Bertomeu Lumière Samuel Dosière Costumes Natacha Bécet, Jasmine Comte, Christian Burle, Jennifer Chambaret, Shatamou Son Géraldine Foucault, Pierre-Damien Crosson Assistante à la chorégraphie Émilie Cornillot 

Production association Kakemono Coproduction CCN de Nancy - Ballet de Lorraine [accueil studio 2020], CCN de Tours [accueil studio 2020], compagnie Système Castafiore - Grasse, avec le soutien de KLAP Maison pour la danse - Marseille, avec l’aide de la DRAC PACA, de la Région Sud PACA, du Département des Bouches-du-Rhône, de la Ville de Marseille et de l’ADAMI

Attitudes habillées [Le Quatuor] propose un voyage dans l’histoire du vêtement féminin et de son empreinte sur les corps. Des corsets, qui ont modifié organiquement le corps des femmes qui les portaient, aux coiffes démesurées ou aux chaussures à plateaux fantastiques créant l’illusion de corps immenses, le vêtement a dessiné au fil du temps des silhouettes parfois spectaculaires, influant sur les possibilités de mouvement et de déplacement de ceux qui les portaient, sur leur façon d’être au monde, engageant d’emblée le corps dans la représentation.

Attitudes habillées [Le Quatuor] se propose ainsi de mettre au jour – voire de réinventer – la mémoire que les corps contemporains portent de cette histoire : des générations de corsets et de faux-culs en métal ont-elles laissé des traces dans les corps et les imaginaires contemporains ? Que découvre-t-on des corps d’aujourd’hui en revisitant ces objets ? Le travail chorégraphique de Balkis Moutashar est empreint des multiples expériences qu’elle a traversées en tant que danseuse, passant de la danse contemporaine la plus abstraite aux revues de music-hall, de performances plasticiennes aux danses traditionnelles avec un même intérêt pour les gestes et les postures induits par ces différentes pratiques.
Attitudes habillées [Le Quatuor] démultiplie les objets comme les points de vue et provoque des rencontres concrètes, physiques, de corps, d’objets, d’époques et de mouvements. Elle est ainsi le lieu de l’appropriation et de la réinvention d’une mémoire à la fois intime et collective. Elle dessine une danse composite, comme sédimentée, qui raconte l’épaisseur de nos corps contemporains, autant que ses possibilités de réinvention permanente.

Une chorégraphie cousue de fil de soie.
Marie Godfrin , Zibeline

[ FESTIVAL DE DANSE CANNES - CÔTE D’AZUR ]
Soirée spéciale
Festival de Danse
Cannes Côte d'Azur
 

Spectacle directement accessible au public sourd ou malentendant

Isadora Duncan

Conception Jérôme Bel
Chorégraphie Isadora Duncan

Conférence dansée avec Élisabeth Schwartz, et en alternance, Sheila Atala, Jérôme Bel, Chiara Gallerani

Conseil artistique Rebecca Lasselin 

Production R.B. Jérôme Bel Coproduction La Commune - CDN d’Aubervilliers, Les Spectacles Vivants - Centre Georges Pompidou - Paris, Festival d’Automne - Paris, Tanz im August - HAU Hebbel am Ufer - Berlin, BIT Teatergarasjen - Bergen, avec l’aide du CND - Pantin [accueil en résidence], MC93 – Bobigny et La Ménagerie de Verre - Paris [Studiolab - espaces de répétitions]
R.B. Jérôme Bel 
est soutenu par la DRAC d'Île-de-France, de l'Institut Français - Ministère des Affaires Étrangères et par l'ONDA.

Avec le portrait dansé d’Isadora Duncan, Jérôme Bel poursuit sa réflexion sur la dimension politique de la danse. Confrontant le passé des archives au présent de la performance, Isadora Duncan est l’occasion de contempler une pensée à l’œuvre.

La danseuse et chorégraphe américaine Isadora Duncan, pionnière absolue de la danse moderne, incarne une liberté nouvelle. Avec ses pieds nus, ses fines tuniques “à la grecque” et ses mouvements libres, c'est-à-dire affranchis de toute technique connue, elle imposa une nouvelle idée de la danse qui repose sur l'invention, l'improvisation et l'harmonie du corps et de l'esprit.
Avec cette pièce conçue pour Élisabeth Schwartz, Jérôme Bel poursuit la série des portraits de danseu.r·se·s initiée en 2004, en se concentrant sur la figure d’Isadora Duncan dont elle est une spécialiste. Jérôme Bel découvre sous le personnage romanesque une chorégraphe visionnaire qui, par sa grande liberté d'expression privilégiant la spontanéité et le naturel, apporta les bases de la danse moderne, à l'origine de la danse contemporaine. Mêlant les registres discursif et sensible, moments parlés et solos dansés, le spectacle ravive le souvenir de la danse libre en associant le savoir chorégraphique à l’expérience du plateau.

Schwartz “enseigne“ le souffle propre à Isadora autant que la justesse de la chorégraphie.
Philippe Noisette, Les Inrockuptibles


Bel signe un nouveau portrait dansé. Il s’agit de mener l’enquête sur l’inventrice des danses libres. Bel la suit en questionnant l’autobiographie de Duncan et en ouvrant un dialogue avec Elisabeth Schwartz.
Ariane Bavelier, Figaroscope

 

Attitudes habillées
[Le Quatuor]


Chorégraphie Balkis Moutashar

avec Clémence Galliard, Balkis Moutashar, Sylvain Riéjou, Violette Wanty 

Dramaturgie Youness Anzane Scénographie Claudine Bertomeu Lumière Samuel Dosière Costumes Natacha Bécet, Jasmine Comte, Christian Burle, Jennifer Chambaret, Shatamou Son Géraldine Foucault, Pierre-Damien Crosson Assistante à la chorégraphie Émilie Cornillot 

Production association Kakemono Coproduction CCN de Nancy - Ballet de Lorraine [accueil studio 2020], CCN de Tours [accueil studio 2020], compagnie Système Castafiore - Grasse, avec le soutien de KLAP Maison pour la danse - Marseille, avec l’aide de la DRAC PACA, de la Région Sud PACA, du Département des Bouches-du-Rhône, de la Ville de Marseille et de l’ADAMI

Attitudes habillées [Le Quatuor] propose un voyage dans l’histoire du vêtement féminin et de son empreinte sur les corps. Des corsets, qui ont modifié organiquement le corps des femmes qui les portaient, aux coiffes démesurées ou aux chaussures à plateaux fantastiques créant l’illusion de corps immenses, le vêtement a dessiné au fil du temps des silhouettes parfois spectaculaires, influant sur les possibilités de mouvement et de déplacement de ceux qui les portaient, sur leur façon d’être au monde, engageant d’emblée le corps dans la représentation.

Attitudes habillées [Le Quatuor] se propose ainsi de mettre au jour – voire de réinventer – la mémoire que les corps contemporains portent de cette histoire : des générations de corsets et de faux-culs en métal ont-elles laissé des traces dans les corps et les imaginaires contemporains ? Que découvre-t-on des corps d’aujourd’hui en revisitant ces objets ? Le travail chorégraphique de Balkis Moutashar est empreint des multiples expériences qu’elle a traversées en tant que danseuse, passant de la danse contemporaine la plus abstraite aux revues de music-hall, de performances plasticiennes aux danses traditionnelles avec un même intérêt pour les gestes et les postures induits par ces différentes pratiques.
Attitudes habillées [Le Quatuor] démultiplie les objets comme les points de vue et provoque des rencontres concrètes, physiques, de corps, d’objets, d’époques et de mouvements. Elle est ainsi le lieu de l’appropriation et de la réinvention d’une mémoire à la fois intime et collective. Elle dessine une danse composite, comme sédimentée, qui raconte l’épaisseur de nos corps contemporains, autant que ses possibilités de réinvention permanente.

Une chorégraphie cousue de fil de soie.
Marie Godfrin , Zibeline

 
SALLE PIERRE BRASSEUR ISADORA DUNCAN 1H
ENTRACTE 1H
ATTITUDES HABILLÉES [LE QUATUOR] 1H
TOUT PUBLIC À PARTIR DE 11 ANS
Danse
Spectacle directement accessible au public sourd ou malentendant
 
  • DÉCEMBRE
  • JEU 9 19H
 
ABONNEZ-VOUS EN LIGNERÉSERVEZ EN LIGNE
Soirée danse
 
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La danse est le "corps de l'âme".

Rappel de mon article sur la danse de novembre 2020 : comment les mots viennent aux hommes, chemin de méditation sur les mots, le geste, après avoir vu un film dansé sur Isadora Duncan.

La caméra de Damien Manivel filme au plus près de la force et du mystère de la danse. "la mère" donne un film rare, d'une grande pureté.

Avec : Agathe Bonitzer, Manon Carpentier (jeune élève) Marika Rizi (professeur) et Elsa Wolliatson (danseuse)

 

Mon blogue se veut une réflexion sur la lecture et l'écriture. La lecture et l'écriture sont intimement liées aux autres arts dont elles peuvent se nourrir à l'infini des possibles et des variations.

Comment les mots viennent aux hommes, tel est le  chemin de  méditation en forme de question, de ce jour. C'est comme cela, je me demande toujours comment les mots (peut-être associés à l'expression de nos  maux). Le français permet cette association grâce aux homonymes.  Isadora Duncan danse, danse et cherche  la justesse de ce qu'elle fait à partir de son élan vital, quelque chose qui jaillit du plus profond d'elle-même. Sans cesse elle expérimente, habite, vit la danse dans son corps et son coeur.  La danse d'Isadora prend sens et  lie ensemble  le corps,  (son berceau, son nid ou naît le sens de ce qu'elle fait) et  le geste (qui en est l'esprit, le language et les mots). J'ai gardé le mot "homme", et je l'aime comme un berceau également.  Il est économe (il rassemble hommes, femmes, enfants), il est beau, son genre est neutre, il ne signifie pas l'homme sexué, mais ce qui lie les hommes entre eux,  sans aucune connotation , à la différence d'humanité, qui elle, est chargée d'affectivité, d'amour et de souffrance.  Cet espace neutre  permet une liberté.

En français, et dans les langues latines,  le neutre n'existe pas  en tant que tel, physiquement. Il se réfugie dans le masculin parfois , et parfois dans le féminin. Il serait intéressant d'étudier  la part de féminin dans les mots signifiant un espace neutre par exemple le mot "humanité" qui regroupe, hommes, femmes, enfants et la part de masculin dans le mot "homme", lorsqu'il est neutre et qu'il couvre le genre humain.  Dans les pays latins, le monde, la réalité ont  été découpés en féminin et masculin. Dans les pays anglo-saxons et de langue allemande, le neutre existe et s'inscrit dans le langage. C'est le "it" et le "es". La réalité est découpée différemment, et sans aucun doute la grammaire nous fait entrevoir des réalités différentes, qui ont chacune leur raisons ou pas, leur manière de sentir les choses et de les exprimer.

Peut-être, les batailles  actuelles dans l'espace public sur le genre, viennent-elles de cette confusion entre le monde anglo-saxon (ah! l'Amérique avec son troisième genre) et le nôtre (avec le masculin et le féminin gravés dans toutes les choses qui nous entourent), et  d'un manque de réflexion sur notre langue et sur ce que les mots veulent dire sans prévaloir  d'un jugement négatif quelconque qui fermerait tout questionnement.

J'en appelle à tous les experts  à faire part de ce qu'ils ont observé sur  ce fait de langue, et de  le considérer comme une expérience à vivre, une expérience humaine. Bien sûr il faut garder à l'esprit qu'une réponse toute faite serait le naufrage de la question (Albert Camus). En fait c'est la question qui est ouverte et qui reste le vrai sujet et qui évitera tous les préjugés et les partis pris.

J'y reviendrai plus tard car ce n'était pas mon sujet du jour. Celui-ci s'est invité dans ma réflexion, et je l'ai laissé passer, car je pense aussi qu'il faut saisir le moment, l'opportunité d'écrire (cela fait partie de l'élan de départ, de la naissance de l'écriture, "des mouches à saisir au vol").

Mon sujet d'aujourd'hui est Isadora Duncan, danseuse hors norme, sur l'instant, dans l'âme du mouvement, prenant son élan de son existence présente, comme le mot que l'on saisit au vol (réf. voir mon article sur les pensées plumes de Louise Bourgeois, et les mouches qu'il faut attraper avant qu'elles ne s'échappent). Mais quel est son rapport avec le désir d'écrire ?

En janvier, j'ai vu deux films en rapport avec la danse, et je me suis posé beaucoup de questions,  ce que le langage dansé, signifié (aux autres, sur la scène) signifiait ... Quel sens donner aux gestes inscrits sur la grande feuille blanche de l'espace. Les gestes sont silencieux mais ils parlent, ils crient , muets, des mots qui sortent du corps et y restent enfouis. Les mots lus ou écrits sont aussi des mouvements de l'âme, muets jusqu'à ce que quelqu'un les écrive, et les entende sur une scène,  les emporte et les offre à quelqu'un d'autre. Et ainsi se forme une longue chaîne entre les hommes.

J'ai vu le  très  beau film de Damien Manivel, film-atelier, ni documentaire ni fiction, qui célèbre les pouvoirs de la danse, "Les enfants d'Isadora".

Agathe Bonitzer en est l'interprète. En 1913, Isadora Duncan perd ses enfants  et crée un solo de danse, intitulé "la Mère" , afin de les laisser partir, s'éloigner d'elle.  Un peu comme Moïse, déposé par sa mère esclave sur le Nil, vers sa liberté.  Isadora offre, donne cette liberté à ses enfants morts. La gestuelle, cherchée et cherchée encore et encore, dit l'arrachement , le vide.  Petit à petit, la gestuelle  s'allège pour porter le poids de la tristesse. Surgit alors comme une réponse à la mort inacceptable, une grâce que seule la danse peut porter, une grâce presque consolatrice. La caméra de Damien Manivel filme au plus près de la force et du mystère de la danse. Cela donne un film rare, d'une grande pureté.

Avec : Agathe Bonitzer, Manon Carpentier (jeune élève) Marika Rizi (professeur) et Elsa Wolliatson (danseuse)

 

 Cunningham dans "changeling", créé en 1957 à Brooklyn

Cunningham dans "changeling", créé en 1957 à Brooklyn

A l'intérieur des limites du corps il y a une infinité de variations possibles. Il y a beaucoup de façons de dire les mêmes choses. Ayez une sorte de conversation avec vous même.

C'est le deuxième film que j'ai vu en janvier sur la danse :"Cunningham". C'est un film-documentaire d'Alla Kovgan, réalisatrice russe, qui découvre le travail de ce grand chorégraphe américain, extrêmement précis, presque mathématique. La pièce "Variations V" filmée par le réalisateur d'avant garde Stan Vanderbeek sur une musique de John Cage, a été pour elle une révélation. La vidéo devient un instrument de travail, pourtant Merce Cunningham ne se dit pas "moderne", d'ailleurs quelle importance ? "Mes danseurs et moi formons un groupe d'individus. C'est donc ce que nous sommes, sur scène comme dans la vie, des gens qui bougent".

Ce film m'a amenée à m'interroger sur le processus d'écriture. Car on pose la question à Merce Cunningham : "Why do you dance ? Do you want to express something, or a feeling, or a story ?"

Merce Cunningham répond :" I just do it and that's all". C'est ce constat, très pur et très simple, qui a confirmé le sillon que je creuse tous les jours sur l'écriture et qui peut également être une motivation pour vous :"just do it and that's all" 

Pourquoi lisez-vous ou écrivez-vous ? Faut-il de bonnes raisons pour cela ? Certaines seraient-elles meilleures que d'autres ? Faites le et c'est tout. Les questions viendront après, en pratiquant les mots, l'écriture, la lecture. Expérimentez, goûtez, observez.

Commencez comme cela, écrivez.  Etre dans son écriture comme l'on est dans la vie.

 

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LES ILLUSIONS PERDUES

Je pense à ceux qui doivent trouver en eux quelque chose après le désenchantement - Balzac

Balzac (lettres)

Lucien Chardon ou Lucien de Rubempré ? Le nom est un signe parmi d'autres signes et Lucien change son nom pour prendre celui de sa mère.

Benjamin Voisin dans le rôle de Lucien (Les illusions perdues - Xavier Giannoli)

Benjamin Voisin dans le rôle de Lucien (Les illusions perdues - Xavier Giannoli)

Nous sommes aujourd'hui lundi 25 octobre 2021. Il fait très beau et chaud.

Voilà bien longtemps que je ne suis pas venue vous parler de l'écriture et que je ne vous ai pas proposé d'atelier ? plus d'un mois ....

J'ai quitté le monde virtuel pour le "Réel Merveilleux" et j'ai adopté le papier, le crayon et les couleurs. Le dessin, ses formes et ses scintillements, la danse et son ancrage dans le sol, ses appuis et ses tracés éphémères dans le ciel  m'ont fourni des terrains de recherches et de découvertes, de tâtonnements et de jaillissements.

Aujourd'hui, je vous propose quatre  ateliers d'écriture autour des illusions et notamment des "illusions perdues" . Envoyez-moi vos créations selon vos choix.

 

Les "Illusions perdues", c'est bien sûr le roman de Balzac et maintenant le film de Xavier Giannoli actuellement en salle. Un film formidable, tumultueux, où la cruauté d'un nouveau monde (avec ses nouveaux codes), entièrement tourné vers la rentabilité,  emporte les êtres humains dans une anomie (*) loin de leurs valeurs  et de leur foi sur lesquelles ils ont fondé tous leurs espoirs pour s'élever dans l'échelle sociale à la conquête du Graal, désir éternel d'un ailleurs où ils pourraient s'épanouir, grandir et être reconnus. Petit à petit, ils se  dépouillent de ce qui les gêne, fagotés dans les habits neufs d'un nouvel ordre social où pointent les  valeurs destructices  d'un capitalisme naissant. 

 

 

Ainsi Lucien, jeune poète provincial "monte" à Paris où il va se brûler les ailes et perdra à ce jeu de l'amour et du profit. La ville fabuleuse montrera ses dessous moins fabuleux, sorte de ville des pas perdus, un miroir aux alouettes, une scène où chacun joue dans le registre des faux-semblants et des trahisons.

 

 

Il me semble qu'un autre thème tisse "ces illusions perdues", c'est l'urgence, le temps compté, la vitesse. Ce sont ces qualités qui prédominent et qui excluent la pensée, les sentiments qui ont besoin d'un temps plus long, sans souci de profit.  Tout se vend, tout s'achète, la poésie comme la presse, la politique comme les sentiments, la trahison comme la fidélité. Les hommes et les âmes s'y abîment. Mais Lucien survivra à ses "illusions perdues" et reviendra en partie à ce qu'il est vraiment. Il sera peut-être sauvé puisqu'il a aimé et très certainement aimera.

 

(*) anomie : du grec "anomia", disparition de la loi. Etat de désorganisation, de restructuration  d'un groupe, d'une société dû à la disparition totale ou partielle des normes et des valeurs communes à ses membres.

 

Merci aux écrivains  qui nous amènent à voir, à réveiller notre lucidité et à nous montrer les comédies humaines, qui sont toujours d' actualité et d'un modernisme brûlant au-delà des époques et des civilisations différentes. Ainsi, l'anomie n'est-elle pas un trait de caractère de notre époque  et de notre société très précisément ? Pourtant les grecs la connaissait déjà, puisqu'ils avaient le mot "anomia", qui présupposait qu'ils vivaient des bouleversements à l'intérieur de leur société ? 

Je vous laisse la liberté d'y réfléchir par vous-même.

 

 

PROPOSITION DE QUATRE  ATELIERS D'ECRITURE SUR : LES ILLUSIONS PERDUES

 

1)  En vous appuyant sur l'exemple donné (le film ou le livre) ou le résumé, vous êtes persuadé (e-ées) que vous connaîtrez une vie meilleure que celle de vos parents ou de vos semblables. Vous avez des espoirs ...  de votre siècle ...

- Peut-être le Paris de l'époque de Balzac, objet de désir en soi,  s'est-il déplacé  de nos jours vers une autre destination ? Maintenant on ne monte plus à Paris (on quitte Paris avec son ordinateur sous le bras et on s'enfuit à la campagne), mais l'homme rêve toujours qu'il pourra transformer son destin en un autre lieu, sorte d'aimant et d'attirances pour  la majorité des personnes d'une société donnée.

- Sous la forme que vous souhaitez, parlez (dessinez, faites une vidéo, écrivez) de vos espoirs d'enfants, d'adolescents, d'adultes tant que vous avez des espoirs et des désirs.

- Si vous avez vécu des désillusions ... par rapport aux espoirs que vous aviez nourris en cachette, pourquoi ne pas prendre la plume et nous en parler.

 

 

2) Alternative : Ecrivez un dialogue inspiré de phrases de Balzac.

Piquez, méditez,  des passages du livre de Balzac (mots ou phrases) et réactualisez-le (les) en gardant ce ton cynique et railleur de celui qui ne croit en plus rien d'autre que le profit. Quand on court après le profit et le profit seul (ou la claque/les applaudissements pour vendre et rien d'autre- de nos jours "les likes" en font partie, on ne cherche plus à développer une pensée, une vérité, une élégance, la beauté) 

Exemple : Continuez cette leçon de cynisme ...  entre un journaliste installé sur la place de Paris et  Lucien (jeune homme qui veut se faire un nom ...) 

"Tu pensais donc ce que tu as écrit ?" ... "Mon petit, en littérature, chaque idée a son envers et son endroit"

... " Vous tenez donc à ce que vous écrivez  ? lui dit Vernou d'un ton railleur. Mais nous sommes des marchands de phrases, et nous vivons de notre commerce."

" Quand vous voudrez faire une grande et belle oeuvre, un livre enfin, vous pourrez y jeter vos pensées, votre âme, vous y attacher, le défendre ;"

"Mais des articles lus aujourd'hui, oubliés demain, ça ne vaut à mes yeux que ce qu'on les paye".

"Si vous mettez de pareilles importances à de telles stupidités, vous ferez donc le signe de la Croix et vous invoquerez l'Esprit Saint pour écrire un prospectus".

 

3 - Autre alternative :Ecrire une critique ou parlez de votre sentiment :

Vous pouvez envoyer votre commentaire et votre propre  sentiment à propos du  film de Xavier Giannoli "les Illusions perdues".

 

4 - Autre possibilité : Décrire ou s'inspirer de l'affiche du film. 

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Télérama

AbonnéCritique par Hélène Marzolf
De la fresque balzacienne, le cinéaste garde avant tout le côté sombre. Et propose une captivante plongée aux origines de nos sociétés capitalistes modernes.

Ce bon vieux Balzac a décidément la cote. Après Marc Dugain ( Eugénie Grandet, en salles), c’est au tour de Xavier Giannoli de s’en emparer pour raconter l’ascension et la chute du célèbre Lucien de Rubempré, petit poète d’Angou­lême venu chercher la gloire à Paris, et bientôt confronté au désenchantement. Dépoussiérer ce classique de la littérature du xixe siècle, l’une des œuvres phares de La Comédie humaine , a-t-il un sens aujourd’hui ? Trois fois oui. Car ces Illusions perdues évitent la rigidité du « film en costumes », à coups de choix radicaux. À la trappe, les personnages exemplaires comme l’ami de Lucien, David Séchard, ou les membres du Cénacle, cercle d’artistes vertueux et ascétiques du microcosme parisien. Éliminés, les passages édifiants, ou positifs, de cet apprentissage de la vie à la dure… Le réalisateur supprime des pans entiers de l’histoire (les livres 1 et 3), et opte pour le côté sombre de l’œuvre.

Après une brève introduction provinciale — la partie la moins convaincante —, Xavier Giannoli met en scène, avec une évidente jubilation, la corruption exercée par la capitale sur l’idéalisme naïf de Lucien. Propulsé dans le quartier des « grisettes », ces femmes qui vendent leur corps, le jeune homme découvre le monde crapoteux d’une presse prompte, elle, à vendre son âme, et devient, à son tour, « marchand de phrases et trafiquant de mots », jusqu’à y perdre, non seulement son intégrité, mais aussi son avenir.

D’un classicisme élégant, la réalisation tranche avec la démesure, l’outrance délibérées du propos. Une voix off nous guide dans les méandres d’un petit théâtre cruel et cynique, où les réputations et les critiques s’achètent, où le plus grand éditeur parisien est un ex-épicier analphabète qui ne publie « que des gens déjà célèbres », où, au spectacle, la claque, plus sûrement qu’une arme, peut littéralement tuer… Dans son dernier rôle, Jean-François Stévenin (disparu en juillet dernier) incarne, à lui seul, l’essence de cette dépravation mafieuse : marionnettiste de l’ombre, son personnage, Singali, traîne de théâtre en théâtre sa cohorte de figurants impitoyables, ces siffleurs professionnels qui se vendent au plus offrant et qui, à coups d’applaudissements ou de huées, font et défont les destins…

La saga ne manque ni de souffle romanesque ni d’ambition historique : tout autant que le parcours de Lucien (le formidable Benjamin Voisin, révélé par Été 85, de François Ozon), Xavier Giannoli évoque, dans un ample mouvement, les fondements du capitalisme moderne sous la Restauration, époque où la culture devient un bien marchand, où la politique s’allie au monde des affaires, où la presse, désormais guidée par le profit et les pressions de l’actionnariat, commence à fabriquer l’opinion. France Dimanche ou CNews n’ont décidément rien inventé : le cinéaste tend — de manière un peu didactique mais passionnante — un miroir à notre époque, en remontant aux origines des fake news, de la société de communication, du buzz et de la polémique, bref, d’un système impitoyable, alimenté par… des moulins à vent. « Ce qu’on écrit n’a aucune importance, résume le journaliste Étienne Lousteau (Vincent Lacoste, tout en désinvolture matoise). C’est oublié le jour même, et tout ça finit par emballer le poisson. »

Ce roman d’initiation acerbe, aux multiples niveaux de lecture, pourrait transpirer l’aigreur. Au contraire, Xavier Giannoli, à la façon d’un caricaturiste inspiré, lui insuffle une vitalité réjouissante, à travers des tableaux vifs et entraînants. Conçu pour le grand public mais exigeant, le film doit beaucoup à son impressionnante troupe d’acteurs, de Cécile de France, sensible et ambiguë en madame de Bargeton, à Xavier Dolan — écrivain à succès faussement fat, qui gagne en épaisseur peu à peu — ou Jeanne Balibar, mondaine persifleuse et manipulatrice, digne d’une marquise de Merteuil. Quant à la jeune Salomé Dewaels, interprète de l’amante de Lucien, l’actrice Coralie, seul cœur pur dans cette arène de pantins détestables, elle crève l’écran.

| France (2h29) | Scénario : X. Giannoli et Jacques Fieschi, d’après Honoré de Balzac. Avec Benjamin Voisin, Salomé Dewaels, Cécile de France, Xavier Dolan, Vincent Lacoste, Jeanne Balibar, Jean-François Stévenin.

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LES ILLUSIONS PERDUES

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PEILLON - ALPES-MARITIMES - LES NOMS DISPARUS

Dessin de Giacometti, exposition au Grimaldi Forum de Monaco, Août 2021

Dessin de Giacometti, exposition au Grimaldi Forum de Monaco, Août 2021

Le merveilleux carnet de Giacometti

Le merveilleux carnet de Giacometti

Marcher et écrire. Voilà le chemin que je vous invite à prendre une fois par mois. Marcher, rêver, méditer, inspirer et s'inspirer au rythme lent des pas qui s'égrainent et prennent leur sens dans les pas eux-mêmes, posés l'un après l'autre,  avec tout son corps et toute son âme.

Mon atelier d'écriture et de lecture, loin de prendre un virage, continue de creuser le sillon de ce qui fait le vivant. 

Ecrire, est une exploration parfois une découverte du "Réel merveilleux", pour reprendre les mots de Giacometti.

"Giacometti pose un regard admiratif sur les choses les plus intimes de son environnement quotidien, toujours prêt à s'émerveiller de ces menus riens auxquels on n'accorde généralement aucune attention. La poussière qui flotte dans l'espace jonché de plâtre dans son atelier, mais aussi les feuilles des arbres, le pli d'une serviette, le fil d'une araignée provoquent son admiration. Ses quelques natures mortes reflètent sa sensibilité à son environnement immédiat ... Les représentions des objets de l'atelier rappellent son attention vive aux formes qui l'entourent".

J'explore le regard de Giacometti, comme j'explore mon environnement immédiat, avec sa modestie et sa richesse. Toutes ces réalités se superposent, s'entrecroisent, s'entrelacent, dansent ensemble et m'emportent sur les chemins sans fin du Réel Merveilleux.

 

 

 

 

Prenez le train des Merveilles à la gare centrale de Nice et descendez à la gare de Graves-de-Peille

Prenez le train des Merveilles à la gare centrale de Nice et descendez à la gare de Graves-de-Peille

Peillon (mai 2021)

Peillon (mai 2021)

Le chemin vers la Lourquière, qui a été écrit pierre par pierre dans le paysage.

Le chemin vers la Lourquière, qui a été écrit pierre par pierre dans le paysage.

Peillon  à quelques kilomètres de Nice

Peillon à quelques kilomètres de Nice

Sur le chemin de la Lourquière

Sur le chemin de la Lourquière

J'ai poussé la porte du petit cimetière de Peillon et j'ai lu les noms sur les tombes à voix haute et en moi-même. Je les ai écrits aussi sur mon carnet pour qu'ils vivent une autre vie dans la mémoire des hommes, et secouent  les oreilles poussiéreuses qui ne les entendent plus. 

Les noms s'ouvraient comme des fleurs de mai sur un monde  depuis longtemps endormi, suranné, enterré,  fâné, une sorte de  jardin interdit et mystérieux. Tous étaient là pourtant, corps et âmes,  bien présents et m'apparaissaient plus vivants que moi-même, à cet instant. Depuis qu'on a voulu prouver qu'être d'ici ne vaut rien, et que la nostalgie qu'on éprouve est suspecte, j'ai senti que tout cela valait quelque chose.

 

A Marie-Jeanne, à Jeanne, Hélène, Emile et Marie, à Arthur, Léone et Guy

Poème de l'instant  Mai 2021 - Peillon (Alpes-maritimes)

Baptistine, 1852

Célestine

Jacquemine    1892

Constantin, Constance

Alpinien  1903

Honoré    1895

Louise, Léonce  1878

Secondin

Augustin   1857

Antoinette

Victorien

Constant, Annette

Blanche

Valentine

Marie-Antoinette de Villardi de Montlaur,

Baronne François de Bretizel

Croix de guerre 39-45

Thélise    1888

Delphin

Je songe à l'instant

A ces noms 

qui brillent de leurs lueurs dorées

Et à  ces dates qui m'appellent

vers ce  présent  là. 

Je pose une main sur le granit 

encore chaud.

 

En mémoire d'un sentiment, né à ce moment là, en ce temps là, mêlé à l'histoire des hommes et des femmes de ce pays en 2021.

ATELIER D'ECRITURE : Marchez, lisez, notez  et à vous d'écrire, de dessiner, de jeter quelques mots et de m'envoyer vos créations en commentaires  .......

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LES BEAUX ETES DE CLARISSE : UN LIVRE ENTRE REVE ET REALITE

La Rivière à l'envers de Jean-Claude Mourlevat

La Rivière à l'envers de Jean-Claude Mourlevat

La 4ème de couverture

La 4ème de couverture

Je vous propose aujourd'hui des moments de lecture avec un enfant entre huit et treize ans :

 

Prenez une petite fille (*)

Avec laquelle vous pouvez rêver

Parler 

Dire des bêtises ou des choses très sérieuses.

Elle peut s'appeler Clarisse, ou Annabelle ou ce que vous voulez.

Proposez lui alors de s'asseoir et d'aller chercher un livre

Sans images

Celui que vous venez de lui offrir

"La Rivière à l'envers"  Tomek  Livre I

de Jean-Claude Mourlevat.

Nous le lirons ensemble n'est-ce-pas ?

Alors le moment est venu,

Entre chien et loup,

A voix haute

Une page après l'autre

Une page chacune

Douceur partagée,

Entre deux à quatre chapitres

au fil des jours ou à la tombée de la nuit,

 En pyjamas, déjà ou encore

et coincées dans les oreillers moelleux

C'était un rite des Beaux Etés

Vite, vite ! Que nous buvions par petites gorgées

Cette histoire 

Que nous disions ou hésitions sur les liaisons

et les temps d'un passé

pas si simple,

Nous chantions presque

Cette odyssée

Chacune à notre tour

Comme lorsque nous dansions

Une ronde, 

Elle aima particulièrement le village des Parfumeurs

La rencontre avec Marie dans la Forêt de l'Oubli

Et l'Ile inexistante dont on ne pouvait sortir 

Sans avoir répondu à l'énigme.

Nous avions cheminé avec Cadichon l'âne

Et  déjouâmes  les Ours aveugles au flair démesuré,

Après une semaine

Nous avions tout lu

Jour après jour,

Soir après soir

Et nous étions ravies

Du chemin parcouru

Des difficultés vaincues.

Nous avions rejeté les images toutes faites

qui s'imposaient par les écrans,

D'autres images s'étaient formées

En nous

Que nous pouvions faire renaître chaque jour,

Chaque soir, la tête sur l'oreiller

Magie des sons, de la musique des mots

Qui s'articulent, immatériels, 

S'embrassent, se lient indéfiniment

Et Infiniment

Dans notre imaginaire.

Nous devions donc nous quitter

Et mettre une fin au Bel Eté.

Heureusement il y a une suite, c'est Hannah  tome II 

de la Rivière à l'Envers.

A bientôt chers petits amis.

 

(*) Ou un petit garçon 

 

Laurence Marie Noé - Poème d'un instant de la journée du 4 août 2021

 

Envoyez-moi vos commentaires sur ce livre. Comment l'avez-vous lu, à quelle occasion ? Seul(e) ou à deux, ou en famille, ou avec des amis(es) ? 

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MON ATELIER DU 14 JUILLET 2021 : NICE

Aujourd'hui nous sommes le 14 juillet 2021.  Nice.

J'ai voulu seulement dessiner un sentiment et oublier les mots.

 

Laurence Marie Noé : Une vie (I)

Laurence Marie Noé : Une vie (I)

Laurence Marie Noé  : Une vie (II)

Laurence Marie Noé : Une vie (II)

Une vie (III)

Une vie (III)

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MON ATELIER D'ECRITURE : LA PROMESSE DE PROMETHEE

Prométhée, une promesse de civilisation.

Prométhée, une promesse de civilisation.

A l'heure de ce moment d'écriture, nous sommes dimanche 4  juillet 2021 :

                                La promesse de Prométhée,

 

Temps gris

Huit heures

Quelles perspectives ?

Un article sur le blog

Un atelier d'écriture

Y penser et s'y mettre 

Une radio quelque part grésille

Dans sa friture d'informations

et de divertissements 

Un moment, un moment

La télévision d'à côté crache déjà

Des cris, des pleurs, des violences

Qui me harassent

Vomissures d'un chat trop gourmand

Sur la terre

Le frigo ronronne et pousse un soupir

Des chants d'oiseaux, enfin,

Je voudrais m'y oublier

Mais je pense aux courses,

Au ménage, aux rangements, aux armoires

Aux araignées et à la déco.

Sans la lecture,

Mon esprit est de plomb

Lourd et immobile

Je stagne, je croupis,

Je végète,

Je m'encroûte

Je m'enlise et 

plonge en moi-même.

Il faut chasser ce moi

Qui me harcèle

Et m'empêche de voir

Je me suis levée

Pesante pierre des jours interminables

Grisâtres

Qui amenuisent les forces

Et déjà je sens comme une inclinaison

Vers l'hiver et le froid.

J'ai pris un livre au hasard

Au hasard des pages et des mots

"L'été" et "Les Amandiers"

"Savez-vous, disait Napoléon à Fontanes *,

Ce que j'admire le plus au monde ?

C'est l'impuissance de la force

A fonder quelque chose".

"Les conquérants, on le voit,

Sont parfois mélancoliques."

Le jour s'est encore assombri

J'entends quelque crépitement

Sur le store qui s'offre aux premiers rayons

de l'été

Qui s'esquive.

Musique du monde

Changeante

Promesse de Prométhée,

Ce héros "qui aima assez les hommes

Pour leur donner en même temps

Le feu et la liberté,

La technique et les Arts.

L'humanité aujourd'hui,

N'a besoin et ne se soucie que de techniques".

Ainsi parla Fontanes *.

 

Laurence Marie Noé  (poème de l'instant)  (04/07/2021)

* Fontanes  (Louis de)  Niort 1757 - Paris 1821 - Homme politique et écrivain français. Il fut grand maître de l'Université sous l'Empire.

 

Ce extrait de l'été (les amandiers), a été écrit par l'un de nos plus grands écrivains en 1940. 

J'ai aimé le lire ce matin là, et il aurait pu être écrit en 2021, n'est-ce-pas ? Ce texte m'a nourrie, parlé, et a chassé les pensées de plomb qui m'envahissaient et m'engluaient. Tel est le pouvoir de la lecture. Elle vous emmène ailleurs et après un grand tour vous ramène à votre réflexion en semant des petits cailloux.

J'entends maintenant les hélicoptères qui transportent les riches touristes de Nice à Ramatuelle, des dizaines de fois par jour, recouvrant la beauté du paysage du bruit assourdissant  des moteurs, voile plein d'arrogance qui fait taire le vol des oiseaux.

"Prométhée, lui, est ce héros qui aima assez les hommes pour leur donner en même temps ... "

ATELIER D'ECRITURE : Avez-vous trouvé l'auteur de ce passage de  L'été , ce chemin de lecture et d'écriture que je vous propose aujourd'hui ?

- Quel écho ces mots : Eté, amandiers, promesse, feu, liberté, techniques et arts, trouvent-ils en vous ?

Je révèlerai le nom de cet auteur dans quelque temps à moins que vous ne le trouviez rapidement ? Il reçut le prix Nobel dans les années cinquante et reste une source inépuisable de réflexions toujours d'actualité.

Voici encore un merveilleux passage de cet auteur dans l'Eté, la mer au plus près

 

"Certaines nuits dont la douceur se prolonge, oui, cela aide à mourir de savoir qu'elles reviendront après nous sur la terre et la mer. Grande mer, toujours labourée, toujours vierge, ma religion avec la nuit ! Elle nous lave et nous rassasie dans ses sillons stériles, elle nous libère et nous tient debout. A chaque vague, une promesse, toujours la même. Que dit la vague ? Si je devais mourir, entouré de montagnes froides, ignoré du monde, renié par les miens, à bout de forces enfin, la mer, au dernier moment emplirait ma cellule, viendrait me soutenir au-dessus de moi-même et m'aider à mourir sans haine."

 

Vous avez trouvé ? Envoyez la réponse dans les commentaires et à vos plumes avec toujours plus de plaisir à écrire, écrire et lire, et créer, à vivre !

 

Aujourd'hui, c'est le 14 juillet 2021, je vous donne la réponse à ma question du 4 juillet : C'est Albert Camus qui a écrit  l'été, les Amandiers. Les Noces suivi de l'été, sont ses premiers essais et ont été écrits en 1936 et 1937. Ils seront édités à un petit nombre d'exemplaires à Alger, en 1938.

 

 

 

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MON ATELIER D'ECRITURE : LAISSEZ ENTRER LA GITANE

Je vous écris de cet instant là ...

Je vous écris de cet instant là ...

Au fil des mois, je m'interroge toujours sur l'acte d'écrire. Ce qui m'ancre dans l'écriture elle-même.

Ecrire n'est pas un acte de séduction. J'écris lorsque je sens que je suis dans une vérité de ce que j'entreprends, lorsque je suis prête à  "laisser entrer la gitane" (évocation de La Grande Vie de Christian Bobin p.61 de la collection folio-Gallimard), c'est à dire lorsque je suis prête à accueillir l'épaisseur de la vagabonde qui sommeille en moi. 

La vagabonde ne cherche pas à convaincre, elle marche et regarde où elle pose les pieds. Ainsi, je ne cherche que "ce qui passe dans l'air entre les feuilles de sureau. La poésie avance pieds nus, on ne l'entend pas, une phrase claque sur la page, on se retourne : elle vient d'entrer, la gitane".  (Christian Bobin)

Mes pas croisent un chat maigre, noir et puant. Il devient chemin de lecture et d'écriture. Il me permet de le saluer  car il a pu entrer par les mots dans mon histoire. 

Ainsi je me demande si écrire n'est pas un état d' esprit qui donne du sens à l'instant même où vous vous  couchez à côté des mots comme à côté d'un mari dont la présence silencieuse nourrit "le souffle de l'air entre les feuilles de sureau".

Je m'amuse aussi, à tordre les mots entre eux, à les élargir, les connecter, les renverser, les faire jaillir. La source est là, dans la vie, dans le mouvement du danseur qui ouvre ses bras comme des ailes et qui crie en silence : "je suis un oiseau".

 

La Grande Vie de Christian Bobin : quecherchezvous.com

La Grande Vie de Christian Bobin : quecherchezvous.com

Voici des phrases de Christian Bobin glanées dans La Grande Vie, qui vont vous aider pour un départ d'écriture.

- Tout d'abord choisissez l'endroit d'écriture (dans votre chambre, au bord d'un précipice, en haut d'un volcan, au coin de la rue etc.) et le moment d'écriture.

Le moment est très important car comme à l'oiseau qui déploie ses ailes ou turlutte, ou siffle, il faut consacrer du temps "entier" à l'écriture. Quand je dis entier, j'entends qu'il ne soit en aucun cas troublé par une dispersion de vous-même. C'est cette connection à vous-même qui va vous guider.

Ainsi, Christian Bobin écrit dans le chapitre l'Empereur du Japon (in La Grande Vie

"Cher petit merle, j'aurais voulu t'écrire à l'instant de ton apparition mais je ne suis maître de rien : le téléphone a sonné puis j'ai dû sortir faire les courses. Personne n'est tout à fait libre de son temps..."

Je vous laisse continuer cette lettre, qui soulève un rideau sur notre existence et ses limites ... "sur les choses qu'on dit et les choses qu'on fait, ou que l'on dit qu'on fait et qu'en fait on ne fait pas ..." 

A vous de laisser entrer la gitane et de vous laisser vagabonder .... 

 

 

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SUR LE CHEMIN POETIQUE ET SPIRITUEL DE CHRISTIAN BOBIN

Couverture : Christian Bobin (photo

Couverture : Christian Bobin (photo

L'écriture de Christian Bobin

Christian Bobin est un poète. On pourrait s'arrêter à ces mots pour le décrire, en s'en tenant à ce qu'il confie de son écriture : "Je vois la chose et elle revêt immédiatement son manteau de langage". Il n'y a pas de frontière entre Christian Bobin et sa poésie. Le poète et la poésie cheminent ensemble.

Christian Bobin est né en 1951 au Creusot qu'il n'a jamais quitté.

Il vit dans son modeste logement du Creusot, situé dans une ancienne caserne de pompiers, dans sa solitude, son attention au monde et aux rencontres quand elles se produisent. Brefs instants intenses entre le spectacle divin des genêts en fleurs ou d'une dame en rose. "Il faut que je reste au plus près de ce que j'ai senti, repéré".

"La poésie, c'est vital". Le poète est un éveilleur d'impressions immédiates. C'est ainsi qu'il entend la pluie un matin, sensation immédiatement recouverte par "les applaudissements de la pluie" qui semblent accueillir le point du jour. "Louis XIV n'aurait pas reçu meilleur accueil". Ces deux images, éloignées l'une de l'autre,  se juxtaposent, donnent du sens et une dimension étrange.

 

Je prends les mots de Christian Bobin au hasard des pages. Ils sont tous à méditer, à aimer :

Dans : La grande vie, 2014

"La voix de mon père avait quelque chose de la croûte d'un pain chaud. Elle s'ouvrait, se donnait, était par elle-même nourricière. Votre voix à vous (*) : le chant d'une rivière inquiète  qui ne dort jamais. Ce n'est pas une image. Je vais chercher là-bas de quoi éclairer ici. C'est ce qu'on appelle "poésie", n'est-ce-pas ?"

(*) Christian Bobin évoque la voix de son amie de plume, Marceline Desbordes-Valmore, poétesse du XVIIIème siècle.

 

"Ce qui manque à ce monde, ce n'est pas l'argent. Ce n'est même pas ce qu'on appelle "le sens". Ce qui manque à ce monde c'est la rivière des yeux des enfants, la gaieté des écureuils et des anges." ...

Et, dans un autre chapitre sur Marilyn : 

"Marilyn a quelque chose de déchirant. Elle est perdue, mais ni plus ni moins que vous ou moi, n'est-ce-pas, une fois que nous avons enlevé le maquillage de nos conforts, de nos savoirs et de nos croyances. Il n'y a que les nuages qui ne sont pas perdus. Et les fleurs des prés. Et les bêtes dans les bois. .... Marilyn suivait l'étoile désorientée de sa folie. Son visage constamment épousseté par les lumières des photographes est celui d'une poupée papillonnant des yeux et de l'âme, souriant à ses assassins."

"Même cette nature si belle est indifférente ..."

"Même cette nature si belle est indifférente ..."

SUR LE CHEMIN POETIQUE ET SPIRITUEL DE CHRISTIAN BOBIN

j'ai également consacré un article à Pierre Soulages et je suis arrivée à pieds à Conques au pieds de la Cathédrale ...

SUR LE CHEMIN POETIQUE ET SPIRITUEL DE CHRISTIAN BOBIN

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JE VOUDRAIS SIMPLEMENT (2) ...

Photo de couverture : un café à Monte-Carlo, prise par Laurence Marie Noé

Bonsoir à tous, 

Il pleut à Nice, ce soir. J'aimerais être assise à une terrasse, et regarder en l'air. J'observerais les formes que découperaient sur le ciel   un parasol vert et un immeuble de vingt étages au-dessus de ma tête.

Je vous avais laissé début avril avec ce début de phrase : "Je voudrais simplement" ... que vous pouviez compléter, ou illustrer par une métaphore, un dessin, une photo, un collage, un calligramme, un sonnet ....

Souvenez-vous, Cécile Coulon, commençait son beau poème-dialogue  par "je voudrais vous offrir des frites".

Je ne sais pas pourquoi cette phrase, que j'aurais pu entendre dans la rue, cette phrase m'a réveillée, étonnée, enchantée.  Il y avait quelque chose de connu, de familier que j'avais envie de lire et de suivre. Peut-être les mots "offrir" et "je voudrais"  qui s'ouvrent comme un parapluie sur une invitation et le mot "frites", court, sonore, et si réaliste, terre-à-terre. Et puis tout le monde aime les frites, et j'avais peut-être envie de frites lorsque j'ai lu son poème. J'ai lu la scène comme une séquence de film. C'est le début de quelque chose, ou peut-être de rien. Juste une rencontre  au bord d'un comptoir.

Cécile Coulon vous accroche dans ses "Ronces".

Je vous donne quelques titres de ses poèmes qui donnent envie de lire sa poésie :

- Les herbes sauvages

- Vivre dans les hautes lumières

- Tout va bien

- L'appartement

- Interlude

- Devant la maison

- Tes mains

Je vous donne le début de :

- Une lionne rouillée

Je suis restée là

calmement dans mon coin

je ne pensais pas

je ne croyais pas

faire autre chose qu'écrire des poèmes

et courir dans les bois ..

 

 

 

La porte du jardin à La Brigue (06)

La porte du jardin à La Brigue (06)

Je vous avais promis de pousser la jolie porte en bois, d'un jardin clos à La Brigue (06) et  d'écrire "un poème de l'instant", rien que pour vous, et qui se déroulerait ainsi :

Je voudrais m'asseoir tout simplement

et arrêter le cours

des gens qui courent

des gens qui regardent

de leurs regards vides

ailleurs

je ne les croise plus

Je voudrais m'asseoir

au Café Vivre

avec Chantal Thomas

Je porterais un chemisier

bouffant

fermé aux poignets

de nacre

et de dentelle noire

de Calais

Dans les premiers soirs doux

d'avril

je reconnaîtrais la fraîcheur de la nuit

et la voix de Chantal Thomas

qui parlerait du Marquis de Sade

et de Jean-Jacques Rousseau.

"J'errais, dans les vallons, je lisais,

j'étais oisif,  je travaillais au jardin,

je cueillais les fruits,  j'aidais au ménage

et le bonheur me suivait partout". (*)

Je ne sais pas si je voudrais de cette existence,

de cette errance.

Je voudrais simplement

m'asseoir au Café Vivre

Avec un chat sur les genoux

qui attendrait et attendrait encore

Qui ? 

je pourrais lire

son infinie patience

aux lignes de son corps

ses pattes de velours reposeraient

dans leur nonchalance

dans leur élégance

Je voudrais simplement

faire un herbier avec ma vie

Je voudrais simplement

m'asseoir près de vous

Nous ne dirions rien

Un livre de Chateaubriand

ouvert sur les genoux

Les Mémoires d'Outretombe

Nous lirions et nous nous enchanterions

des paysages bretons

et des  "franges d'une écume argentée" (**)

l'automne

à Combourg

"Après avoir marché à l'aventure,

agitant mes mains,

embrassant les vents

qui m'échappaient ainsi que l'ombre,

objet de mes poursuites,

je m'appuyais contre le tronc d'un hêtre". (**)

Je voudrais simplement

m'asseoir et écrire un poème

qui  parlerait de ce que je voudrais ...

 

Laurence Noé-Pécheur  (Nice, le 26 avril 2021)

Poème de l'instant

(*) Chantal Thomas   Café Vivre - Chroniques en passant

(**) Chateaubriand - Mémoires d'Outre-Tombe

Refermez la porte doucement derrière vous ? Envoyez-moi vos créations et laissez-moi vos commentaires !

J'aime m'attacher à mon clavier et mon écran pour essayer ... de vivre plus intensément. C'est le pouvoir de l'écriture et de la lecture. Cependant j'aimerais revenir à des instruments plus près de la matière ... c'est à dire que je "voudrais tout simplement"  sentir le crayon glisser sur le papier et le manger un peu au bout, vous savez ? Me salir les mains,  et écrire ainsi, penchée sur la table en bois de châtaigner, et dessiner et lire puis écrire à nouveau, et lire et dessiner et aussi marcher, marcher, marcher et sentir les aspérités du chemin sous les pieds.

 

Si nous sommes créatifs, que ce soit en cuisine, au jardin, à la maison, en amour, en amitié, ou dans un blog, alors nous ne sommes pas complètement enlevés à nous-mêmes ... et nous continuerons d'habiter ce monde ...

Bonsoir et à bientôt de retrouver vos commentaires.

 

 

 

Chantal Thomas

Chantal Thomas

Qui est Chantal Thomas ?

Chantal Thomas est née en 1945. C'est une auteure  que je suis régulièrement pour la beauté de son écriture, élégante et précise. Avec Chantal Thomas, on pénètre  dans les mystères de l'écriture, les interrogations qu'elle suscite, la curiosité qu'elle affine et aiguise.  On peut connaître, au sens de sentir, ce qu'est l'aventure d'écrire, dans son livre "souvenir de la marée basse",  livre sur sa mère Jackie,  et son plaisir de nager. C'est à la fois un livre sur la transmission  entre une mère et sa fille ,mais c'est aussi, une recherche d'écriture au plus près des sensations de l'eau comme élément de vie et de culture à Arcachon et à Nice.

Spécialiste du XVIIIème siècle, elle m'a appris que l'Histoire avec un grand "H",  ce sont aussi des histoires. En lisant "L'échange des Princesses", "Les adieux à la reine", on suit avec passion la vie des femmes du  XVIIIème siècle avec  ses étrangetés,  ses cruautés, et ses fantaisies.  

Par son écriture, Chantal Thomas nous rapproche des hommes et des femmes de ce siècle et transforme notre manière de les voir et de nous voir.

Chantal Thomas est aujourd'hui la dixième femme à occuper un siège d'académicienne. Elle occupe le siège de Jean d'Ormesson.

Les adieux à la Reine

Les adieux à la Reine

L'échange des Princesses

L'échange des Princesses

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MON ATELIER D'ECRITURE : JE VOUDRAIS SIMPLEMENT ...

La porte d'un jardin à La Brigue (Alpes Maritimes) qui déclenche le désir de l'ouvrir  ...

La porte d'un jardin à La Brigue (Alpes Maritimes) qui déclenche le désir de l'ouvrir ...

Que désirez-vous ? 

Commencez par ces mots : Je voudrais simplement ... 

Poussez la porte de ce jardin,  et entrez. Que trouvez vous derrière cette porte qui vous empêche de voir, de poser votre pied et de sentir la terre un peu humide,  les herbes folles, la chaleur de la lumière sur votre peau ? 

Avez-vous envie de pousser cette porte ? Avez-vous envie de savoir ce qui vous anime, vous remue, vous touche, vous inspire et vous aspire ?

J'ai lu ou j'ai entendu, je ne sais plus, que sans désir, il n'y a pas d'écriture. Depuis le début de ce blog je creuse ce sillon  qui traverse l'écriture de part en part.

Envoyez-moi vos émois, vos débats, vos arabesques et entre-chats, vos couleurs, vos senteurs, écrivez d'une patte de velours, ou avec vos griffes, mais écrivez ... Dans quelques jours, j'ouvrirai également la porte de ce jardin et vous emmènerai là où "je voudrais simplement .... ".

Ecoutez-vous, entendez ce que  vous dit votre voix, vous murmure, vous susurre, vous crie.

Envoyez : poèmes (prose, vers, calligrammes), histoires courtes ou longues,  découpages, collages, photos ...  

 

 

 

 

Cécile Coulon, nouvelliste et poétesse.

Cécile Coulon, nouvelliste et poétesse.

 

Je vous donne quelques vers d'une jeune poétesse, née en 1990 à Clermont-Ferrand. Elle cueille des moments de vie, des rencontres improbables,en  des lieux qui n'en sont  pas vraiment (devant l'enseigne ...),  où le quotidien et "l'histoire" concordent dans la discordance, ou le banal prend des airs de "road-movie", de roman de voyages, avec leurs odeurs tenaces (les parfums de ciment, l'odeur d'huile de friture) et les images qui s'accrochent (ses cheveux ras, gris retenaient l'eau).

C'est Cécile Coulon, elle a écrit "Les Ronces" (c'est à cause de ce titre que j'ai acheté ce livre). Les ronces ont aiguisé mon envie de goûter les mots  engendrés par ces plantes des chemins,  ébouriffées et qui font mal.

Elles griffent et égratignent les jambes ou les mains de ceux qui veulent attraper les mûres dans les chemins. Et ici les chemins serpentent peut-être en Auvergne. 

Le premier poème s'appelle :

"Je voudrais vous offrir des frites

Il fait quatre pages et demi,  je ne choisis que quelques vers :

...

Quand ils ont payé, le patron m'a lancé

"pardon pour l'attente"

alors que je venais d'arriver et ça m'a fait sourire;

"une barquette de frites avec du ketchup,

ça marche,

vous pouvez attendre à l'intérieur"

alors j'ai attendu, debout, contre le réfrigérateur,

devant les bacs de salades vides.

C'est là qu'un homme, trempé jusqu'aux os,

est arrivé.

Je me suis poussé pour le laisser passer :

Ses vêtements dégageaient un parfum de ciment

et d'alcool bon marché, ses cheveux ras, gris,

retenaient l'eau

comme la surface des champs à quatre heures

du matin.

Il a commandé. 

....

Dans mon dos, le réfrigérateur ronronnait.

Un léger sourire s'est installé, naturellement,

entre mes fossettes.

Sur le comptoir, mes frites étaient prêtes, bien

empaquetées. J'ai sorti une pièce de deux euros

et l'homme tout mouillé m'a dit :

J'aimerais vous offrir des frites,

si ça ne vous dérange pas.

J'ai soupiré et  laissé ma pièce entre lui et moi.

Puis j'ai tendu la main. Il l'a serrée.

Merci Monsieur.

...

 

A bientôt, sur les chemins de l'écriture ... Il y a un poème de Cécile Coulon qui commence ainsi :

Je voudrais simplement,

j'insiste, simplement,

une maison au bord

d'un de ces lacs en Auvergne

que je connais comme si

j'étais née à l'intérieur.

Dans cette maison .....

 

Ce poème a pour titre : La Maison

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