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ELOGE DES VAGABONDES

fragiles graminées dans un terrain vague avenue Cyrnos à Nice

fragiles graminées dans un terrain vague avenue Cyrnos à Nice

Les plantes voyagent. Les herbes surtout.
Elles se déplacent en silence à la façon des vents. On ne peut rien contre le vent.
En moissonnant les nuages, on serait surpris de récolter d'impondérables semences mêlées de loess, poussières fertiles. Dans le ciel déjà se dessinent d'imprévisibles paysages"
Gilles Clément in Eloge des vagabondes - herbes, arbres et fleurs à la conquête du monde

NiL éditions, Paris 2002

Cela fait plus de quarante ans que je me pose la question de savoir ce que je recherche dans l'écriture, quel élan vital me pousse vers elle et vers la lecture, les vagabondages  sont une quête souvent fructueuse et très vivifiante. Ils m'obligent à m'interroger et à réfléchir sur mon état d'être vivant, et je reviens de mes escapades autour de chez moi, riche de récoltes de mots, d'observations, les joues rouges et et les yeux grand ouverts sur le monde. Le bonheur est un état qui circule, comme le sang qui  nourrit, il est là et souvent nous passons  à côté. Mais je ne cherche pas le bonheur au sens moderne du terme, je cherche à me sentir vivante au milieu d'autres êtres vivants, à travers les mots qui me sont donnés et le sens que je leur donne. C'est là que naît la création d'un monde précieux qui me ressemble et avec lequel je me sens de connivence et en correspondance.

Je vous propose aujourd'hui de découvrir un atelier d'écriture et de lecture à vélo dont la seule contrainte que je me suis imposée était de faire des arrêts et de troquer mon léger hippocule (*), pour mon carnet et un crayon pour noter ce que je vois, ce qui me vient à l'esprit, dans le moment présent et à travers tous les pores de ma peau.

Voilà ce que cela a donné. Peu importe le résultat, c'est l'élan vital qui compte. Mais ramener de petits fragments ainsi récoltés, a rempli tout mon espace de réflexion, et tout l'après-midi. C'était délicieux, et j'espère que ces éclats rendront compte du plaisir que j'ai pris à les cueillir, tels quels, dans leur nudité et innocence.

(*)hippocule : petit véhicule que l'on fait avancer en le chevauchant. C'est un néologisme que je me suis amusé à inventer .

Souvenir du 20 mars 2015, Nice

J'écris :

Rêver les arbres, les animaux ou les hommes et leurs demeures, rêver dans la ville où je vis qui est ce qu'elle est et bien plus encore, ce que j'en fais. Habiter, c'est déjà créer, une histoire, une légende, des liens et des lieux de lecture et d'écriture. Limites infinies du rêve, mon plus grand voeu serait de pouvoir créer des instants partagés.

http://www.ubarius.com/category/web-vagabond/

Je suis allée voir ce blogue vagabond. Il est très beau, notamment la photo de Rauba Capeu, prise à Nice en bord de mer, entre Promenade et port par un photographe du nom de Christophe Jacrot. (à suivre)

Je lis :

La Vague (Yasushi  Inoué) - Nouvelle dans Pluie d'orage (Stock)

page 61

"A la fin de la première leçon, Mme Tamiya se leva et lut de sa jolie voix transparente une poésie de Jules Romains intitulée "Ode" traduite par Fumaki. C'était la seule chose qu'elle ait notée sur son petit carnet.

Je n'attends rien,  je ne veux rien

Que la paix de cette vallée.

Et je n'ai pas besoin non plus

Que le présent soit éternel".

Page 84

"Devant la maison, au-delà du chemin, trois ou quatre carrés de rizières se succédaient en plateaux successifs descendant en pente douce, après quoi le terrain plongeait brusquement, se dérobant au regard. Beaucoup plus loin, une multitude de cultures en terrasses tapissaient le versant opposé de la vallée en haut duquel était juché le village voisin dont chaque maison s'ornait d'un bouquet de bambous ou d'un petit bois. Une route serpentant à travers champs zébrait toute la pente. Le village était enserré dans un cirque de collines couvertes de frondaisons où se remarquaient les taches claires des bambous secoués par le vent, qui semblait assez violent à cet endroit. Ce paysage délicat s'étendait jusqu'à la ligne de crête des monts Amagi, distante de douze kilomètres".

Cette attraction qu'exerce sur moi ce petit texte, lu dans la courbe de l'avenue Cyrnos, qui monte raide jusqu'au Righi, par le Nord de la ville, vient-elle des "Monts Amagi" que j'imagine pleins du mystère de cet Orient lointain, ou bien de la proximité silencieuse des collines niçoises qui me poussent à les parcourir toujours et toujours, comme un Orient familier ?

Sur la colline qui me fait face, côté est, la très belle villa Arson, école d'Art contemporain. Toujours face à moi, côté est, un peu plus bas, le petit cimetière de Saint Barthélémy, blotti au soleil.

Dans une impasse, située sur l'avenue de Pessicart, en arrivant au Righi, j'arrive à un point de vue. La ville blanche et ses dômes colorés s'étendent  devant le bleu immense de la mer. Au milieu de gravats poussent de graciles graminées qui penchent la tête.

De retour chez moi, j'écris :

" Etre une vagabonde

Etre une graminée

Il faut pour cela

Etre quelque part

Un bon livre toujours

Aujourd'hui Yasushi Inoué "Pluie d'orage"

Un carnet un stylo une mine de plomb

Un vélo peut-être

Le ciel

Et des désirs

Des désirs

D'étrangeté

De tendresse

Tout près

Un homme ses cheveux blancs

Il est venu à moi me parler

Devant une friche où je prenais

Des photos de vagabondes

Il m'a raconté l'histoire

De ce trou béant bouche ouverte

où s'ensemencent les herbacées

Légères comme des cheveux

C'était une villa...

Un autre inconnu m'a souhaité

Bonne promenade

Il a souri

Lassé s'envoler

La méfiance

Est-ce que quelqu'un qui écrit

Sur des carnets suscite ...

Des croisements

Dans un espace

Celui qui ouvre ses yeux, un livre,

Un carnet

Celui qui écrit là, que peut-il écrire .

Cette lenteur

Je voulais la partager

Mais avec qui ?

Devant moi le bleu immense troue

le ciel immense.

Au cours de cette échappée dans les collines, j'ai voulu aussi retrouver Bonnard, au Bosquet et sa "terrasse ensoleillée" du Cannet. Comme Bonnard je veux garder en poche un carnet où je consigne les choses de la vie. Dans ceux de Bonnard, témoins touchants d'une vie simple parmi les tableaux immenses de lumière et hurlant de couleurs, on pouvait lire "pluie le matin, beau temps dans la journée" ou la liste des courses "cigarettes, pinceaux, charbon, petits-beurres", les couleurs "bleu-violet, violet sous l'influence du ciel bleu". Ainsi, chaque matin, comme un rite, avant même le petit déjeuner, il part "faire une provision de vie" autour de sa maison ou plus loin dans les collines du Cannet". Les relations obsessionnelles qu'il entretient avec le climat, les saisons, les paysages sont source d'inspiration inépuisable pour la peinture.

"Je ne m'ennuie pas car j'ai travaillé et je suis devenu paysagiste non parce que j'ai peint des paysages mais parce que j'ai acquis une âme de paysagiste ayant fini par me débarasser du pittoresque, de l'esthétique et autres conventions dont j'étais empoisonné". Cher Pierre Bonnard, cher peintre nomade.

http://www.museebonnard.fr/pierre-bonnard/bonnard-au-cannet/le-cannet-peint-par-bonnard

 

Vous pouvez ainsi constater que mes lectures inspirent le paysage qui m'inspire à son tour et en retour inspire des écrits, par des rebonds, allant de l'un à l'autre et qui se répondent en échos.

Demain je vous ferai part de deux découvertes de lecture, au bout de ma rue. Il suffit parfois de pousser une porte et d'entrer.

Avez-vous écrit depuis que vous me lisez ou bien lisez-vous autrement depuis que vous me lisez, si vous me lisez, comment savoir si vous ne m'écrivez pas ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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APRES QUELQUES SEMAINES D'EXISTENCE

Plage de Saint-Jean-Cap-Ferrat en automne 2019

Plage de Saint-Jean-Cap-Ferrat en automne 2019

Et lorsque vous me lirez ce sera
comme si une voix glissait
De l'autre côté des futaies et venait vous rappeler
qu'il existe une autre manière
de parler donc de vivre.

Emmanuel Godo (né en 1965) extrait de "A mes filles" in Je n'ai jamais voyagé ed. Gallimard

Mon blogue a maintenant presque un mois. Il est temps d'en éclairer les inclinaisons, les orientations qui s'en dégagent. Je peux déjà déterminer des points importants.

 - A qui ce blogue s'adresse-t-il ?

Même si j'ai du mal à déterminer un lecteur particulier, une cible précise, tant le lecteur vagabond poussé par la curiosité,  peut tout à coup naître à des mots, des fragments contenus dans ce blogue, je peux déjà présumer qu'il intéressera des professeurs, des animateurs, des pédagogues de toutes sortes,  mais aussi des lecteurs, des parents quels qu'ils soient, qui voudraient partager leurs expériences et transmettre leur amour de la lecture.

Il s'adresse à  tous  de   7 à 99 ans.

Des lecteurs qui cherchent un chemin jusqu'à l'écriture, et ne savent pas lequel prendre pourront trouver dans ce blogue, non pas des réponses  prêtes à l'utilisation, car je ne peux m'empêcher de penser aux plats tout préparés en barquettes, ou  aux recettes simplistes, mais plutôt des propositions et des expériences d'écritures à tenter et à vivre jusqu'à la fin de leur vie. 

Je ne parle pas d'âge en particulier, car j'ai dédié ce blogue à Clarisse, huit ans et à Fannie-Laure, seize ans, qui pourront le lire lorsqu'elles en éprouveront le désir, peut-être découvriront-elles mon propre désir, celui d'une grand-mère, attentive à toutes les possibilités qui sont offertes par la lecture et l'écriture, dans la découverte de soi, une véritable aventure, la plus grande selon Montaigne. Alors, soyons cet "homme aux semelles de vent"  (surnom donné par Verlaine à Rimbaud),  Arthur Rimbaud qui, en seulement deux ans de production intense, donna tout ce qu'il avait à dire.

"J'ai voulu dire ce que ça dit, littéralement et dans tous les sens",  nous dit-il, en s'adressant à sa mère. Et ces mots sont un cadeau immense à notre imaginaire.

  - Quelle est la vocation de ce blogue ?

Dans la vie "vraie",  je  préfère la réalité à la virtualité. Cependant, je suis heureuse d'avoir franchi le miroir, comme Alice, et je découvre au fur et à mesure les possibilités que ce nouvel espace d'expression peut offrir. 

Cependant, j'aimerais que ces écrits me ramènent à la réalité, c'est pourquoi, j'ai besoin d'échanges réels, avec des lecteurs en vrai, et des écrivains (en herbe ou confirmés) qui m'enverraient leur production, leurs doutes, leurs découvertes.

Et pourquoi pas, dans quelques temps (plus ou moins lointain), se réunir à Nice ou ailleurs pour parler de ce qui nous semble important et lire à voix haute ce que nous avons aimé, rencontré ou produit.

- Quel est l'esprit de ce blogue ?

Il est avant tout vagabond, errant, curieux, ouvert. Toutes les sensibilités sont bienvenues.

Il est cette place au milieu du village où nous nous réunissons pour bavarder sous un tilleul bienfaisant. Il est ce banc sous les tilleuls qui recueille toutes nos tendresses, nos échanges, nos espoirs et nos chagrins.

Ce qui compte c'est d'écrire quelque chose qui compte pour vous, sans craindre les jugements.

Sans compétition aucune. Vous pouvez  utiliser la messagerie pour vos envois.

 

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DE LA LECTURE AUX ECLATS D'ECRITURE

poirier en fleurs Boulevard Borriglione à Nice

poirier en fleurs Boulevard Borriglione à Nice

Le précédent article que j'ai écrit s'intitule : "les éclats de lectures vagabondes". Quand je l'ai écrit, j'ai d'abord pensé à des morceaux de lectures, comme des petites pièces de musique, ou des morceaux de verre éclatés.

Ces morceaux de lectures, ou  ces éclats de lecture contiennent en eux-mêmes un jaillissement, une source à laquelle je viens m'abreuver, lire et relire.

Ces éclats ont aussi été produits par  une éruption, une lumière,  un élan. Et leur vitalité  produit aussi un désir d'écrire. Leur luminosité reste en mémoire.

Ainsi les  poèmes de Rimbaud  contiennent des éclats qui viennent s'imprimer dans mes souvenirs. Certaines lectures sont si riches en sensations qu'elles viennent en aide au moment d'écrire.

 

 

In 'Les illuminations" de Rimbaud, je vous invite à relire Aube

 

J'ai embrassé l'aube d'été.

Rien ne bougeait encore au front des palais. L'eau était morte. Les camps d'ombres ne quittaient pas la route du bois. J'ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes se levèrent sans bruit.

Le première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

Je ris au wasserfall blond qui s'échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

Alors je levai un à un les voiles. Dans l'allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l'ai dénoncée au coq. A la grand'ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre, je la chassai.

En haut de la route, près d'un bois de lauriers, je l'ai entourée avec ses voiles amassés, et j'ai senti un peu son immense corps. L'aube et l'enfant tombèrent au bas du bois.

Au réveil il était midi.

Vous pourrez trouver ce poème en prose, en audio à la référence ci-dessous.

17 Arthur Rimbaud_ Aube.m4a

Mais ce qui est encore mieux, c'est de le dire à voix haute, pour soi et faire résonner les sons et les images qui s'inscrivent dans un mouvement de caméra. (en travelling)

Cette lecture à voix haute correspond à

MON ATELIER PREFERE : LES ECLATS DE L'AUBE (4)

Catégorie : Les ateliers d'écriture

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JETS DE LECTURES VAGABONDES

fragment d'un tableau de Twombly - sans titre - 2007

fragment d'un tableau de Twombly - sans titre - 2007

Un atelier d'écriture quel qu'il soit, nécessite que je parle de mes lectures, des joyaux que je découvre au fur et à mesure.

1) lecture et écriture d'un fragment de tableau

En couverture, j'ai mis un éclat d'une oeuvre de l'artiste américain Twombly, Sans titre, 2007. (Acrylique, crayon à la cire et crayon de couleur sur panneau de bois). Ce choix montre que  le geste et l'écriture sont intimement liés. La force du geste, dans son élan ne s'embarrasse pas  de conserver la forme d'une fleur (comme écrasée, éclaboussée) ni de rattraper les coulures. La puissance de l'élan est ce qui compte. Le sentiment qui s'en dégage est violent, les couleurs contrastées.

"Twombly dit à sa manière que l'essence de l'écriture, ce n'est ni une forme ni un usage, mais seulement un geste, le geste qui la produit en la laissant traîner : un brouillis, presque une salissure, une négligence". (in préface de Roland Barthe du catalogue raisonné des oeuvres sur papier de Cy Twombly (1979). L'artiste semble ne pas vouloir achever son oeuvre, au sens où on l'entend, c'est à dire à achever une forme (ici des fleurs) et lui préférer le mystère et la force de  l'intention de départ, qui crée le mouvement vers la vie ou vers sa décomposition. Ainsi l'élan est intact jusqu'à la fin.

Pourquoi raconter tout cela ? Quelle est la relation avec l'atelier d'écriture ?  Le tableau dans sa finitude, ses limites spatiales, variables à l'infini, devient un atelier en soi, où s'inscrivent  des signes, des couleurs, des lumières, des émerveillements qui viennent se mêler à des lectures, des voyages, des observations, comme la littérature.

Mon atelier d'écriture, je le voudrais dans ce format poétique, qui permet des fragments, des éclats de lectures, partout où nous pourrons nourrir cet élan vers une création écrite. L'atelier en lui-même emplit nos pensées, oriente nos lectures, et sa cohérence nous apparaîtra et nous sera révélée. Alors les notes prises  dans nos carnets, nos observations, nos souvenirs, les livres que nous avons lus s'ordonneront selon un ordre qui pour nous, fera sens. (Le sens étant proche et indissociable de la sensibilité qui nous est personnelle, et qui peut s'affiner, s'aiguiser).

Je vais bien sûr vous proposer des lectures, que vous pourrez vous approprier, et rajouter à vos expériences et que nous pourrons partager.

Pour le moment, vous ne voyez pas bien où je veux aller. Je ne vous donnerai jamais d'injonctions, de restrictions, de limites, je ne vous donnerai pas non plus de "trucs", de "prêt-à-écrire", de trousses à outils d'écriture.

Je ne vous donnerai pas non plus "d'il faut que", car le problème reste entier pour porter un regard neuf sur la langue, quand celle-ci semble de plus en plus formatée, et semble de plus en plus une langue usée par un espace public lui aussi formaté et lissé. (auquel on enlève toute aspérité, coulure, salissure).

2) Lectures de quatrains

François Cheng "Enfin le royaume" Gallimard

Par sa forme brève, le quatrain rythme le flux de la pensée, de l'émotion, de la surprise. Il s'intéresse plus à comment initier un questionnement, amorcer une méditation, esquisser un chant. Le pouvoir des quatrains semblent ainsi résider dans ce commencement, cette origine, cette amorce de méditation. Notre pensée reste suspendue et cherche à nouveau dans le quatrain suivant la naissance de ce moment délicat (ce que j'appelle l'élan).

A ceux qui habitent la poésie,

Tu ouvres les volets, toute la nuit vient à toi,

Ses laves, ses geysers, et se mêlant à eux,

Le tout de toi-même, tes chagrins, tes émois,

Que fait résonner une très ancienne berceuse.

 

Au crépuscule, la nature exténuée

S'abandonne. Quelques corbeaux affamés

Picorent encore les restes du jour

Dans l'assiette ébréchée du couchant.

 

Vers le soir, abandonne-toi

à ton double destin :

Honorer la terre, et faire signe

aux filantes étoiles.

 

Silex du geste sans miroir,

     silex du rire sans écho,

Solitaire ombre debout

     contre la nuit sidérale.

 

Essayez de composer ainsi un quatrain, qui jaillira d'un moment  particulier de la journée où vous voudrez noter ce que vous observez  dans cet instant.

Envoyez-moi vos créations de plumes ...

 

 

 

 

 

 

 

Assise, La beauté, la mort la vie, l'âme, Enfin le Royaume, à Notre Dame, merci M. Cheng

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L'ATELIER PLUME

Mon atelier, feuilles inachevées  (Nice  2019)

Mon atelier, feuilles inachevées (Nice 2019)

Ce premier atelier, je le dédie à Fannie-Laure, qui aura seize ans demain, et à Clarisse qui en a huit car chaque jour elles me donnent la force d'avancer ...

L'atelier, je l'ai déjà  défini dans mes articles précédents. Il est le fruit de mes observations de la réalité. Ses possibilités sont infinies, et le fait qu'il ne demande qu'un peu d'attention, le rend disponible à chaque instant. Ainsi la vie s'écoule, dans la présence du moment et dans l'espace où il prend racine.

L'écriture est le résultat de l'élan d'origine. elle devient mouvement, se déplace avec moi, avec le rythme, l'équilibre, le silence qui s'impose de lui-même.

Souvenez-vous que la longueur importe peu. De même que dans un dessin, ou un ballet, importe peu la quantité de traits ou de pas,  que vous faites. Attachez-vous à ce que vous voyez, et si vous ne ressentez rien, votre écrit devra dire ce vide, cette absence, qui peut aussi être passionnante à observer.

Ainsi je vous donne l'exemple suivant :

Ce petit poème,(poème plume) a été écrit dans le bus à Nice (ligne 1), Avenue Malausséna, le 24 septembre 1982. Il faisait encore chaud, le bus avançait lentement, quand j'ai aperçu une femme à une fenêtre.

Et je regardais la solitude

Penchée à la fenêtre

Au teint de couperose

Bras replié en dedans

Sur une serviette rose

Je l'ai écrit d'un trait que j'ai voulu léger, car cette apparition a disparu avec la progression du bus sur l'avenue. Je l'ai voulu fugace, sans ponctuation car l'impression glânée au vol, était indissociable, et j'en avais presque le souffle coupé. Je me sentais cette apparition, j'étais cette apparition, et mon sentiment intérieur correspondait à ce que je voyais. Le rose, avec sa sonorité mélancolique s'est imposé. Le bras replié en dedans rendait compte de ce retrait du monde par rapport au trafic urbain. J'aimerais ne pas tout dire, et peut-être voyez-vous autre chose dans ce poème-plume ? Car le lecteur s'approprie les mots et les fait résonner avec ses cordes intérieures, qui n'appartiennent qu'à lui. C'est pourquoi, l'expérience de la lecture est si importante, car elle fait remonter des sensations qui nous sont propres.

 

 

 

Voici d'autres exemples, tirés de mes carnets, lors de mes errances.

Le 15 octobre 1988, voici ce que j'écris sur mon carnet (Tourrette-Levens) :

Désordre,

Les feuillets raturés sont éparpillés sur le sol comme des feuilles mortes.

 

Le 23 avril 1990, je vagabonde à Saorge et m'assieds un instant face à l'église du Poggio.

Le lavoir est un miroir

Le marronnier s'y égare

L'ombre solaire fuit le soir

je me lève et je pars.

Vagabondage sur la frontière italienne (20 avril 1990)

J'ai longtemps cherché le jardin de la Mortola,

Anne-Marie ...

 

Voilà, maintenant à vous d'essayer. Un crayon, un carnet, .... et vous et votre désir d'exister, de voir, de sentir, d'écouter, d'entendre, d'apprendre, de découvrir ce qui se passe.

Envoyez-moi vos poèmes-plumes, par messagerie, ou dans vos commentaires. Petit à petit, cet atelier prendra vie avec vous.

Demain, dés l'aube (quand j'écris cela, je ne peux m'empêcher de penser à Victor Hugo - Demain, dés l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, je partirai, vois-tu, je sais que tu m'attends ... qu'il a écrit après la disparition de sa fille Léopoldine), j'écrirai sur ce blogue, pour partager avec vous des lectures, que je range dans ma catégorie des poèmes-plume.

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