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MON ATELIER D'ECRITURE : JE VOUDRAIS SIMPLEMENT ...

La porte d'un jardin à La Brigue (Alpes Maritimes) qui déclenche le désir de l'ouvrir  ...

La porte d'un jardin à La Brigue (Alpes Maritimes) qui déclenche le désir de l'ouvrir ...

Cécile Coulon, nouvelliste et poétesse.

Cécile Coulon, nouvelliste et poétesse.

Que désirez-vous ? 

Commencez par ces mots : Je voudrais simplement ... 

Poussez la porte de ce jardin,  et entrez. Que trouvez vous derrière cette porte qui vous empêche de voir, de poser votre pied et de sentir la terre un peu humide,  les herbes folles, la chaleur de la lumière sur votre peau ? 

Avez-vous envie de pousser cette porte ? Avez-vous envie de savoir ce qui vous anime, vous remue, vous touche, vous inspire et vous aspire ?

J'ai lu ou j'ai entendu, je ne sais plus, que sans désir, il n'y a pas d'écriture. Depuis le début de ce blog je creuse ce sillon  qui traverse l'écriture de part en part.

Envoyez-moi vos émois, vos débats, vos arabesques et entre-chats, vos couleurs, vos senteurs, écrivez d'une patte de velours, ou avec vos griffes, mais écrivez ... Dans quelques jours, j'ouvrirai également la porte de ce jardin et vous emmènerai là où "je voudrais simplement .... ".

Ecoutez-vous, entendez ce que  vous dit votre voix, vous murmure, vous susurre, vous crie.

Envoyez : poèmes (prose, vers, calligrammes), histoires courtes ou longues,  découpages, collages, photos ...  

 

 

 

 

Cécile Coulon, nouvelliste et poétesse.

Cécile Coulon, nouvelliste et poétesse.

 

Je vous donne quelques vers d'une jeune poétesse, née en 1990 à Clermont-Ferrand. Elle cueille des moments de vie, des rencontres improbables,en  des lieux qui n'en sont  pas vraiment (devant l'enseigne ...),  où le quotidien et "l'histoire" concordent dans la discordance, ou le banal prend des airs de "road-movie", de roman de voyages, avec leurs odeurs tenaces (les parfums de ciment, l'odeur d'huile de friture) et les images qui s'accrochent (ses cheveux ras, gris retenaient l'eau).

C'est Cécile Coulon, elle a écrit "Les Ronces" (c'est à cause de ce titre que j'ai acheté ce livre). Les ronces ont aiguisé mon envie de goûter les mots  engendrés par ces plantes des chemins,  ébouriffées et qui font mal.

Elles griffent et égratignent les jambes ou les mains de ceux qui veulent attraper les mûres dans les chemins. Et ici les chemins serpentent peut-être en Auvergne. 

Le premier poème s'appelle :

"Je voudrais vous offrir des frites

Il fait quatre pages et demi,  je ne choisis que quelques vers :

...

Quand ils ont payé, le patron m'a lancé

"pardon pour l'attente"

alors que je venais d'arriver et ça m'a fait sourire;

"une barquette de frites avec du ketchup,

ça marche,

vous pouvez attendre à l'intérieur"

alors j'ai attendu, debout, contre le réfrigérateur,

devant les bacs de salades vides.

C'est là qu'un homme, trempé jusqu'aux os,

est arrivé.

Je me suis poussé pour le laisser passer :

Ses vêtements dégageaient un parfum de ciment

et d'alcool bon marché, ses cheveux ras, gris,

retenaient l'eau

comme la surface des champs à quatre heures

du matin.

Il a commandé. 

....

Dans mon dos, le réfrigérateur ronronnait.

Un léger sourire s'est installé, naturellement,

entre mes fossettes.

Sur le comptoir, mes frites étaient prêtes, bien

empaquetées. J'ai sorti une pièce de deux euros

et l'homme tout mouillé m'a dit :

J'aimerais vous offrir des frites,

si ça ne vous dérange pas.

J'ai soupiré et  laissé ma pièce entre lui et moi.

Puis j'ai tendu la main. Il l'a serrée.

Merci Monsieur.

...

 

A bientôt, sur les chemins de l'écriture ... Il y a un poème de Cécile Coulon qui commence ainsi :

Je voudrais simplement,

j'insiste, simplement,

une maison au bord

d'un de ces lacs en Auvergne

que je connais comme si

j'étais née à l'intérieur.

Dans cette maison .....

 

Ce poème a pour titre : La Maison

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LES SCINTILLEMENTS DU DESIR - TROIS POETES A ECOUTER

Aujourd'hui, je vous invite à "La grande Librairie" avec François Busnel, une émission que j'affectionne particulièrement (sur la 5 le mercredi soir).

François Busnel ne reçoit pas seulement les écrivains. Il les   accueille, les lit, les écoute et les laisse parler. Et c'est passionnant. Il accueille  leurs fragilités et leurs forces et nous nous laissons bercer par les mots.

La Grande Librairie du 17 Mars 2021 consacre son émission à trois poètes, et c'est un  rideau qui se déchire sur la lumière qu'ils nous offrent avec simplicité et modestie. Une merveille et des idées de lecture.

 

 

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LE FRANGLAIS : PLASTICITE, ELASTICITE OU RIGIDITE ET PAUVRETE ? ?

LE FRANGLAIS : PLASTICITE,  ELASTICITE  OU RIGIDITE ET PAUVRETE ?   ?

Tout d'abord, écoutez cette émission de France Culture du 30 janvier 2021 

https-//www.franceculture.fr/emissions/concordance-des-temps/le-franglais-incoercible

Voici le texte de présentation de l'émission :

Réalisation : Yaël Mandelbaum

Invité : Bernard Cerquiligni, linguiste, professeur de linguistique à Paris VI, membre de l'Oulipo et conseiller scientifique du Petit Larousse;

Fameux paladin d’une résistance, René Étiemble, professeur à la Sorbonne, pourfendait déjà, dans les années soixante, ce qu’il avait intitulé avec éclat le «franglais ». Il dénonçait un « sabir atlantique » qui abîmait le français, qui aurait envahi et perverti son génie propre. Étiemble est mort à l’orée du XXIe siècle. Soixante ans après son combat, considérerait-il la bataille comme perdue ? Voilà bien une question qui mérite d’être considérée à nouveaux frais. 

On aligne sans peine, en effet, dans notre parler quotidien, une multitude de vocables et d’expressions venus tout droit d’Outre Atlantique, bruts de décoffrage, et bousculant brutalement les nôtres, d’une manière souvent absurde. Le monde des affaires comme celui de la publicité sont, complaisamment, en première ligne au service, de cette impérieuse pénétration. Tandis qu’Internet, bien sûr, joue aussi son rôle.Quelle attitude convient-il donc d’adopter, en termes civiques, à la lumière de la très longue durée ? L’indignation devant de lâches abandons touchant au cœur d’une identité, une indignation que portent si bien nos cousins du Québec, ou bien au contraire le rappel, résigné sinon allègre, que toutes les langues se sont toujours, d’âge en âge, mutuellement enrichies ? 

Nul mieux que mon invité Bernard Cerquiglini, linguiste hors de pair, n’était propre à accompagner une réflexion historique sur ce sujet qui est chez nous, de longue main, au centre de confrontations passionnées – légitimement passionnées. Il a été notamment délégué général à la langue française et aux langues de France et recteur de l’Agence universitaire de la francophonie. Et puis, il est membre de l’Oulipo, un lieu essentiel de tous les bonheurs langagiers.

ARCHIVES DIFFUSÉES

  • Dans notre générique : extrait d'une intervention de Jacques Chirac, maire de Paris, à propos de l'entreprise japonaise Sony (il cite des mots anglais en présence de Jacques Toubon), 1994.
  • Micro-trottoir télévisé sur des termes anglais, reportage de Gérard Pabiot, diffusé sur Antenne 2, le 28/04/1984.
  • Lecture d'un texte d'Henri Estienne (1578), dans l'émission "Tire ta langue" d'Antoine Perraud, sur France Culture, le 09/10/2001.
  • Chanson "Drope-moi un mail ASAP" du groupe Les Goguettes (en trio mais à quatre), sur l'air de la complainte du progrès de Boris Vian, 2020.
  • Extrait d'un entretien de René Étiemble à propos de son livre Parlez-vous franglais ?, dans l'émission "La Tribune des critiques radiophoniques", sur France Culture, le 29/02/1964.
  • ITV de Christian Rioux, correspondant à Paris du quotidien québécois Le Devoir, diffusé dans l'émission "Tout un monde" de Marie-Hélène Fraisse, sur France Culture, le 24/10/2010.  
  • Générique de fin : chanson "La langue française" de Léo Ferré (1962)

BIBLIOGRAPHIE

  • Jean Pruvost, La story de la langue française. Ce que le français doit à l'anglais et vice versa, Tallandier, 2020.
  • Henriette Walter, L'aventure des mots français venus d'ailleurs, Robert Laffont, 1997
  • Henriette Walter, Honni soit qui mal y pense. L'incroyable histoire d'amour entre le français et l'anglais, Robert Laffont, 2001. 
  • Bernard Cerquiglini, Le ministre est enceinte. Ou la grande querelle de la féminisation des mots, Seuil, 2018.
  • Bernard Cerquiglini, L’invention de Nithard, Editions de Minuit, 2018.
  • Bernard Cerquiglini, La Genèse de l'orthographe française : XIIe – XVIIe siècles, H. Champion, coll. « Unichamp-essentiel » (no 15), 2004.
  • Bernard Cerquiglini, Enrichissez-vous : parlez francophone ! Trésor des expressions et mots savoureux de la francophonie, Larousse, 2016.
  • Bernard Cerquiglini, Un participe qui ne passe pas, Éditions Points, à paraître.

Mon propos sera plus personnel, et le résultat d'observations  de mes contemporains et de leur pratique de la langue française, que je présenterai sous la forme d'un questionnement  à moi-même et à nous-mêmes (francophones)

- Le franglais peut-il être le langage des fleurs et  des jardins ? de l'inattendu, de l'incongru ? de la spontanéité et de la création, de l'humour et de l'humeur, de la tristesse, du chagrin  et de la joie ? ... Est-il une langue ?  ou est-il une novlangue ? Ou bien est-il une langue fossile comme le pétrole ? 

- Le franglais, est-il le résultat de "l'impérieuse pénétration de l'anglais" ou celui "de nos lâches abandons" ?

- Qu'amènent  "show" au lieu de "spectacle", "self-control" au lieu de "libre-arbitre", "marketing" au lieu de "mercatique", "sponsoriser" au lieu de "parrainer" et tant d'autres termes que je ne peux pas tous citer ?

- Quel pouvoir amène le mot anglais à la place d'un mot français ? un vernis trompeur qui essaie de pallier à un manque de créativité ? Un désir d'appartenir à un monde nouveau ?  Un peu des deux ?

- Avec le franglais, ne pratique-t-on pas le copié-collé d'une manière intensive, industrielle ?

- Nos désirs ne sont-ils donc que des copies ?

- N'est-il pas une manière de gâcher (certains disent "spoiler" qui ressemble à "spolier" qui a un tout autre sens et qui finit par créer des confusions) ce que l'on maîtrise mal ? N'y-a-t-il pas souvent une volonté d'abîmer (précipiter dans un abîme ce qui nous cause des difficultés)? 

- Mais parfois, n'y-a-t-il pas des jeux de langage, qui se croisent, s'entrechoquent (mot savant - comparé à "to knock"ou "to bang" together), et qui trouvent à s'amuser  et à musarder dans les phrases. Je viens d'entendre une infirmière très expérimentée et assez âgée qui, sortant de la chambre d'une patiente, lui dit pour la dérider un peu : "et maintenant, un petit "smile" ! ... 

Même si j'aurais préféré que le mot "sourire" lui vienne spontanément, je dois avouer qu'à ce moment là, elle avait trouvé un moyen de faire sourire la patiente qu'elle quittait avec ce petit mot que tout le monde comprend grâce ou à cause de la pratique des réseaux sociaux. On peut dire qu'ici ce n'est pas vraiment de l'anglais, c'est le langage d'internet.

Le mot "dérider" qui est fait du préfixe "dé" et  "rider", vient évidemment de "rides". En français, enlever les rides à quelqu'un c'est le faire rire (encore une image, une métaphore) alors que l'anglais colle au plus près de la réalité : "to get a smile out of" ou "to cheer up". 

- Est-ce que le franglais rassemble   ou bien est-ce  qu'il sépare ? Et n'est-il pas  souvent  plus ridicule que savant ? (comme les balbutiements du Bourgeois Gentilhomme ?). 

Un exemple de ce ridicule, est le mot "cluster", qui revêt la réalité d'une opacité, d'une lourdeur  que l'on veut "scientifique" et donc non contestable. Peut-être le mot "foyer" est-il trop doux et familier, comme un nid ... de microbes.

- Il me semble également que l'on peut mieux vaincre "un foyer de contamination" qu'un cluster, qui me fait penser à quelque chose de dur, de guerrier, comme un outil contendant.

- Le franglais, aide-t-il ceux qui parlent et se parlent, à mieux parler et se parler? à mieux s'écouter, à mieux se comprendre, à mieux cerner ce que l'on veut dire ? 

- Ou bien n'est-il qu'une pollution de plus ? N'y-a-t-il pas un usage immodéré du franglais, et par là même un rétrécissement de la signification, des métaphores possibles, de créations et de trouvailles inouïes?

- Ne se prive-t-on pas d'un imaginaire sans limite, de métaphores, d'un langage imagé, d'un monde signifiant ? Le franglais ne nous impose -t-il pas ses limites  en voulant absolument remplacer des mots par les siens et en voulant prendre la place dans le nid et jeter les oisillons par-dessus bord ?

- Est-ce que le mélange de mots anglais à la phrase française est une "richesse" comme on le prétend parfois, alors que les intéressés eux-mêmes n'ont pas choisi ? Ils ont simplement suivi un nouveau style de vie fait de supermarchés géants, de réseaux de plus en plus prégnants, d'une vie culturelle "franglicisée", d'une nourriture industrialisée et pauvre à la place d'une cuisine douce au palais et partagée.

- Peut-on parler  de pollutions, de parasites qui viennent endommager l'anglais comme le français, les transformant en langues outils , et ce faisant nous transformant en parfaites petites "shoppeuses"  dignes de figurer dans une série télévisée ou mieux, "netflixée" ? Peut-on parler alors de nos "lâches abandons"?

- Ainsi, le franglais est-il légitime ? Ou bien fera-t-il du français un outil à fabriquer des "bourgeois gentilhommes"  en séries ? Combien de temps faudra-t-il encore pour oublier d'où viennent les mots et pour parler de "cluster" le plus naturellement du monde au lieu de "foyer de contamination" ?  combien de temps faudra-t-il encore, pour que toutes nos phrases soient ânonnées, c'est à dire parlées avec hésitation ou récitées comme si les mots nous étaient soufflés par la marchandise que nous convoitons. Parler la langue de la marchandise, est-ce  déjà accéder à la marchandise ?

- Doit-on hausser les épaules devant ces petits  "gros" mots, souvent laids (je dirais plutôt moches, cela convient mieux)  qui envahissent le  français  d'une  manière apparemment inoffensive ? Ou doit-on résister à une propagation excessive ? quelle attitude adopter ?

- Le franglais est-il à l'anglais et au français ce que "le fast-food" ou "le fooding"  (oui, je l'ai entendu !) est à la cuisine raffinée, familiale et territoriale ? En devenant "fast-food" ou "fooding", la cuisine ne devient-elle pas un simple produit commercial à acheter tout-prêt emballé  à ingurgiter le plus vite possible, pour se remplir ? Alors que la cuisine s'associe au plaisir de la dégustation,  au partage, au don, aux goûts élaborés lentement, le "fooding"  (il y a du "fou" là-dedans) s'associe à la mal-bouffe, à l'immédiateté (l'avidité - j'ai faim, j'ouvre le frigo et je mange) qui a ses plaisirs rapides (faciles, pas de vaisselle, goût sucré ou salé, vite avalés, pas cher) mais hélas  avec ses conséquences désastreuses : mauvais produit à l'origine incertaine et beaucoup trop cher payé mais aussi l'ennui et le dégoût.

- Le franglais est-il vraiment festif ? Ou est-il l'expression d'un ennui profond où les sens sont anesthésiés ? On parle sans y prêter attention. Ce manque d'attention, de soin ne conduit-il pas à la tristesse et à l'ennui ?

- Certains magazines féminins n'abusent-ils pas  jusqu'à l'obésité du franglais, pour présenter des produits de maquillage ou de mode ? Par soumission à l'anglais devenu une simple langue commerciale, n'abusent-ils pas  de ces termes franglais ? L'anglais mérite mieux.

-  Le franglais est-il la fast-food du français, avec toute l'attirance que sa facilité d'usage procure à celui qui en est coutumier?  Participe-t-il de notre ennui, quand nos sens s'ennuient ? 

Ne pourrait-on pas créer "une restauration rapide" de qualité, avec l'histoire que nous avons avec les produits et la cuisine, avec ce défi supplémentaire à relever entre rapidité et qualité ?

- le franglais n'apportera-t-il finalement que désillusions, ennui et monotonie, en plus des kilos dont il faudra se débarrasser au risque d'abîmer la légèreté et l'élégance de nos pensées et notre imaginaire ?

- Cesserons-nous de nous amuser avec l'orthographe française qui demande à chaque français une réflexion. Par exemple, pourquoi écrit-on "pouls" avec un "s" . Pourquoi ce "s" aide-t-il à comprendre la filiation qu'il garde avec "pulser, pulsation" ? Ce petit "s" ouvre une porte à la compréhension du mot. Evidemment on peut écrire également "pou", mais le sens du mot change. Cesserons-nous de comprendre pourquoi on écrit :"j'ai écrit" avec un "t" alors que l'on écrit "j'ai pris" avec un "s" ? Cette mémoire du féminin ou de l'histoire du mot n'est-elle pas essentielle à la construction de la pensée ?

- Pourquoi devrions-nous abandonner cette réflexion fondamentale pour l'ennui et la monotonie,  le langage à consommer, tout prêt,  débarrassé de ses difficultés,  plutôt que terrain de jeux et de connaissances ?  

- Et si le plaisir relevait de ce chemin parsemé d'embûches?  

- Quel plaisir, quel enseignement retire-t-on de répéter"bêtement" des mots anglais qui nous arrivent sans filtre ? Cela ne donnera pas plus l'envie de mieux connaître l'anglais, ni de connaître davantage le français, qui réclament l'un comme  l'autre,  toute notre attention, notre exigence, comme s'ils étaient des enfants mal aimés,  parce que trop difficiles ? Ils n'en sont que plus précieux et aimables.

- Si nous ne répondons pas aux besoins du français (qui est un être vivant), le franglais avec l'arrogance du ridicule dû à son rang, ne se propagera-t-il pas comme une pandémie ?  Le franglais   n' endommagera-t-il pas  les formations de mots qui ont leur propre  logique interne et leurs propres trouvailles ? Cette beauté sera-t-elle  perdue à jamais? 

- Comment le franglais pourrait-il remplacer ce que me disait un ami "parigot"   en des années révolues, et  qui voulait me dire que les virages étaient dangereux et glissants : "les virolets sont grassouillets" ? Il avait exprimé cela  en deux mots qui prenaient toute leur saveur et leur pittoresque. Irremplaçables ! et parfaitement compréhensibles alors que je ne les avais jamais entendus auparavant.

- Le franglais est-il le sabir  d'un joug,  plutôt que  celui du "cheeks to cheeks" ? (* cheeks to cheeks :  joue contre joue). Laisser "joue contre joue" permet un jeu de mot avec "joug" que "cheeks to cheeks" ne permet pas. 

- Le franglais est-il un cheval de Troie, qui présume  d'une guerre non déclarée ? Pourquoi "cluster" (pas très joli en français ) à la place de "foyer"  que tout le monde comprend, mot qui a une histoire, et appartient à l' Histoire du français. Par sa musique, son orthographe,  sa polysémie, le mot "foyer" est  une poésie en soi. Il a  une saveur particulière, un goût d'intimité et d'embrasement que "cluster" balaye d'un coup de langue sonore et pâteux sans profondeur. Il vient se coller au palais sans plus.

- Le franglais est-il apparenté au COVID ? Ne se répand-il  pas comme une pandémie dans les  rues, les  boutiques, les  restaurants, les cinémas (on ne se donne plus la peine de traduire les titres), chez certains animateurs de radios et de télévision, certains journaux, magazines, publicités ? N'est-il pas partout où nous allons, où nous consommons, où nous nous croisons ? 

- Le franglais n'est-il pas une maladie de l'hyper-consommation comme la COVID ?

- Est-ce que je peux encore me poser  la question de savoir s'il est bon d'utiliser le franglais à tout bout de champ ? Tiens ? comment dit-on "à tout bout de champ" en anglais. 

On dit : "all the time" "non stop" ... aucune allusion à aucun champ, cultivé ou en friche. Ici l'anglais ne fait appel à aucune image. Les images, les métaphores sont très nombreuses en français et ces images modèlent la pensée de ceux qui le parlent.

- Puis-je me permettre d'être nostalgique, d'avoir du chagrin ? D'avoir l'impression  de perdre quelque chose qui me constitue et  me charme  pour le plaisir de posséder un objet en "plastoc" trop lisse, trop neuf ? Serai-je le dernier des Moïcans à qui  on donnera cette verroterie et qui offrira son âme en échange ?

- Est-ce que mes questions valent encore la peine d'être posées, exposées, reposées ? "sois sage, ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille" ,  et laisse moi "sur les balcons du ciel, en robes surannées; Surgir au fond des eaux le Regret souriant;" (Baudelaire, in Recueillement). 

- "Tacere è la nostra vità" ? (Cesare Pavese)

Je terminerai par le début de mon questionnement, tel un disque qui tourne perpétuellement sur lui-même et sur son mystère.

- Le franglais peut-il être le langage des fleurs et  des jardins ? de la poésie?  de l'inattendu, de l'incongru ? de la spontanéité et de la création, de l'humour et de l'humeur, de la tristesse, du chagrin  et de la joie ? ...   

 

 

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- J'enrage souvent de voir les rues, les magasins, les restaurants, les cinémas, les lieux de convivialité, de culture,   se couvrir de mots anglais, inutiles sauf sur un point : Ne  sont-ils pas destinés à vendre mieux l'emplacement, les objets, et la marchandise. Ils sont aussi destinés à vendre de nouveaux comportements, très standardisés, de nouveaux gestes (celui d'avoir avec soi une canette de boisson, celui d'avoir toujours un portable dans la main ou à l'oreille ...) Il faudrait faire une liste de tous ces nouveaux comportements induits par la marchandise, aux antipodes de la liberté ! 

- L'intrusion du franglais n'est-il pas dû à la circulation excessive des marchandises, qui implique un langage rapide dépourvu de syntaxe ?

Cela apparemment ne fait pas mal, physiquement, et pourtant il y a beaucoup de souffrances et de chagrins derrière, comme devant la mort programmée et inéluctable du dernier des Moïcans. Le texte qui accompagne l'émission de France Culture parle de "chagrins", et c'est ce mot chagrin qui m'a décidée à l'écouter ... Peut-être des clés de compréhension me donneraient aussi des moyens de résister à ce que j'appelle une pollution (mot que j'assume, qui surgit également avec le problème de la pandémie et de la mondialisation des groupes humains devenus de simples consommateurs). 

Voici quelques exemples de franglais et leur équivalent en français (utilisé ou abandonné).

Ecouter en "podcast" c'est à dire en "baladodiffusé". 

En effet, pour commencer  "podcasting" a été traduit par "baladodiffusion" (Dictionnaire  Le Robert & Collins); pour un français, "pod" peut se rattacher à "pied" (comme dans podologue) mais "casting" ne lui évoque rien . Pour un anglais, "casting" (lancer) se rattache à "broadcast"  (émission) et est bien formé de deux mots présents en anglais.

Et maintenant le mot "cluster" :  Son équivalent français se maintient, heureusement. Certainement par un sursaut de résistance.  

"Cluster" ressemble vaguement à "clou"  "clouter" pour un français, par analogie phonique. Une amie,  qui parle plusieurs langues dont l'anglais, me demande (au début de la pandémie) si je sais ce que veut dire : "cluster" dans ce nouveau contexte. Je lui donne la traduction française , "foyer/poche/niche de  contamination",  qui est parfait de clarté , mais que certains médias  et certains journalistes  ont tenté, dés le début, de remplacer par "cluster".  Ainsi "cluster" (clouter) se transforme en un clou qu'on essaie d'enfoncer dans la tête  des francophones et des autres ! Les deux ont cours à égalité, mais on devine une sorte de fracture entre ceux qui parlent de cluster et ceux qui font l'effort (car il faut faire un effort) de parler de "foyer de contamination".

J'ajouterai que pour un anglophone, "cluster" peut-être utilisé dans de nombreux contextes. Cependant à l'origine c'est un mot qui n'a pas plus de signification que "agglomérat" ou "groupe" ou "rassemblement" . Ce mot est vague. Je lis dans le Robert & Collins les différents contextes dans lesquels ce mot peut être employé.

"cluster" :  (flowers, bloom, fruit) "grappe".  (bananas) "régime" (trees) "bouquet"  (bees) "essaim"  (persons) "petit groupe" - "rassemblement".  En soi, cluster n'a rien à voir avec pandémie, pas plus que "foyer"; 

Pour le comprendre dans le sens de "foyer de contamination" comme en français, il faudrait lui rajouter "of contamination" or "of infection", ou bien "contamination cluster" donc pourquoi remplacer l'expression française par ce mot ? Cela ne s'explique jamais par le mot lui-même mais par une volonté de "faire l'intéressant", le "bourgeois gentilhomme" !

Les français ont donc réduit le sens de cluster, vague, polysémique, pour l'appliquer  à "foyer de contamination". Ils perdent l'image et  le son pour un mot anglais qui  sonne "comme un clou"  en français. Heureusement on entend encore beaucoup "foyer de contamination" ! Merci à eux, je ne suis pas seule à défendre ce mot.

"podcast" :Alors que baladeur avait un peu marché et couru par les rues, baladodiffusion n'a pas pris racine. Pourquoi ? C'est un mystère. Peut-être simplement par  effacement devant des mots (ou des objets de masse) que l'on ne comprend pas mais qui donnent  une  satisfaction qui relève de la possession d'un objet nouveau, fabriqué ailleurs,  ou peut-être par mollesse, paresse d'esprit qui ne s'amuse plus à chercher, à former des mots en français. Le franglais  s'apparente à ce moment là à "cet abandon par lâcheté" pour la langue qui nous a nourris  et émerveillés.

"safe" : je viens de l'entendre dans une émission de variété française à la  télévision. c'est à peu près le seul mot anglais que j'ai entendu de toute la soirée (merci aux présentateurs et aux excellents chanteurs), en dehors de "streaming" appliqué à l'écoute des chansons. C'était à l'occasion des Victoires de la musique. Il  a été dit par une jeune femme de vingt-trois ans, très talentueuse, et cela me blesse davantage, car c'est un mot qui circule à la place de "sans danger" ou "en sécurité".  J'ai trouvé que c'était dommage, parce que par ailleurs, elle a beaucoup de sensibilité, et écrit de beaux textes en français. Ce "safe"  marque cette jeune artiste à la pointe du syndrome du perroquet, et banalise son discours.   Peut-être le veut-elle après tout ? Ce qui me blesse c'est que ces mots franglais sont portés et importés  (je dis bien portés comme un signe distinctif) par une population jeune et parfois créative, douée, ce qui complique encore le problème. Par ailleurs, cette jeune femme au nom de fruit,  écrit de belles chansons, un peu fredonnées, qui murmurent mystérieusement, comme des  ruisseaux. J'aime beaucoup ce qu'elle chante. 

"streaming" :  C'est apparemment la bande son numérique qui permet d'écouter des chansons et voir des films.  On dit le "streaming" . Ecouter de la musique "en streaming" ... stream en anglais est un courant (d'eau), un flot.

On aurait pu trouver un mot en français, (mais à quoi bon ?) tant pis si le "i" de streaming ne s'écrit pas "i". Les enfants auront du mal à le lire s'il vient à tomber dans un livre de lecture.  "courant/fleuve/rivière numériques auraient été imagés et riches pour notre imaginaire. Flux numérique serait  très convenable, plus court et plus efficace, plus technique.

On relève plus de "challenges" que de défis de nos jours. Pourtant ce mot de défi (que j'entends encore souvent)  a une histoire étymologique et un pouvoir d'évocation que "challenge" n'a pas. En ancien français il signifie une action : celle de défier en un combat singulier. Défier c'est se débarrasser de la foi que l'on a en l'autre  (fidèle)  c'est  remettre en cause ce lien et provoquer au combat, à la lutte. "Challenge" n'évoque rien à un francophone. Ni le son, ni l'histoire de ce mot. 

"en live" : ils ou elles ont chanté en "live". Il serait si facile de dire "en direct", que l'on connaît déjà et qui veut bien dire ce qu'il veut dire. Mais non, on préfère annoncer "en live" (prononcer "aï"  s'il vous plaît). Je remercie la journaliste qui a commenté cet évènement "en direct". 

coach :  Voilà un mot bien "moche" en français, et j'emploie ce mot intentionnellement, car "laid" est trop beau à côté de moche.  Le "coach",  on dit souvent "mon coach" ... Il faut avoir un coach surtout s'il vient chez vous en séances  particulières (dit-on encore leçons, cours  ?)... pour apprendre la moindre chose, aussi minuscule soit-elle, comme courir sur un tapis ou faire des pompes (on ne dit plus pompes d'ailleurs,  mais là tant pis, je  m'en passe, je n'ai pas besoin de ce mot). De même qu'on fait du "fitness" (j'en faisais avec de vieilles anglaises adorables, à Epsom dans les années soixante) et non plus de la gymnastique. Je me demande si "un coach" n'est pas mieux payé qu'un professeur ? 

- A-t-on besoin des mots anglais ? J'ose le paradoxe : "that is the question".  Parle-t-on mieux ? Se comprend-on mieux ? rions nous plus ensemble ? Cela nous permet-il de faire des blagues hilarantes ? Nos enfants s'expriment-ils mieux ?  Le problème n'est-il pas que nous  laissions la question de côté? et que nous n'aimions plus inventer, ni créer ? Avons-nous abandonné le pouvoir métaphorique des mots en les important comme si le français manquait de mots ? 

- En important ces mots qui ne s'allient pas à la phrase française,  ne sommes nous pas embarqués sur ces gigantesques cargos qui déversent  des objets dont nous n'avons que faire, vite et mal fabriqués , dont la seule vertu est d'être  bon marché  et donc jetables ? Mais cette manière de consommer est en fait très coûteuse sur le plan humain, social et biologique.

- Enfin le franglais n'est-il pas un simple "packaging" "un bel emballage"  pour mieux nous vendre ce qu'autrement nous ne regarderions même pas?

En conclusion, en reprenant ces mots franglais, j'ai l'impression désagréable d'accepter  les transports gigantesques de marchandises sur les mers et les routes terrestres, et la construction d'entrepôts immenses et hideux  à l'entrée de toutes nos villes et villages où cette marchandise s'accumule avant d'être redistribuée et jetée. 

 

 

 

 

 

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Je vous invite, comme je vous l'ai dit plus haut,  tout d'abord à écouter cette émission de France Culture CONCORDANCE DES TEMPS,

Ne vous y trompez pas. J'aime l'anglais, j'en ai fait une partie de ma vie, et j'y ai découvert une culture immense, variée,  complexe et aux sons fluides, parfois bizarres, qui me charment comme une musique. Cette langue  m'invite à m'interroger sur ma langue maternelle, le français. Avec  l'anglais, une porte s'est ouverte sur un autre monde, une autre pensée, le monde anglophone, qui  inclut beaucoup de mots latins et français, pour des raisons historiques, diplomatiques, politiques, culturelles, et les a digérés et anglicisés, en leur appliquant presque toujours, une prononciation et une syntaxe anglaises. L'émission " Le franglais : incoercible?", vous donnera beaucoup d'informations sur les différents échanges entre les langues.  (Les normands à la cour d'Angleterre, par exemple ou sous l'occupation romaine). 

Le franglais ne nous fait-il pas oublier cette étrangeté de l'anglais, de sa prononciation parfois virtuose , du moins pour une oreille francophone ?Mais elle se mélange mal avec la langue française, qui est une langue analytique (pourquoi écrit-on "pouls" et non pas  "pou" ? il faut réfléchir à l'étymologie, l'histoire, à la trace du féminin qui persiste dans le mot, à son origine ...). 

Mais doit-on renoncer, abandonner ces particularités, ces difficultés qui  sont si précieuses ? le français reste un terrain de jeux et d'expériences infinies, une bibliothèque où l'histoire des mots joue un grand rôle, une richesse   que nous partageons et  que nous désirons garder. Les plus grands poètes ont trouvé dans cette langue de quoi satisfaire leur appétit de beautés et de tableaux sonores, et en une génération, on ne comprendrait déjà plus Victor Hugo  ou Châteaubriand ? ou Ronsard, ou même Rimbaud ou Apollinaire ? On renoncerait donc ? Nous cèderions à nos petites lâchetés ?

Quelques mots à expliquer :

Un sabir * : vient de l'espagnol saber (savoir). C'est un système linguistique  réduit à quelques règles de combinaison et à un vocabulaire déterminé (commerce notamment), né au contact du communautés différentes n'ayant pas d'autres moyens pour se comprendre. (Ce qui n'est pas le cas dans notre interrogation sur le franglais, puisque nous pouvons choisir, ou bien est-ce que nous ne le pouvons plus ?). Le sabir est péjoratif, c'est un langage difficilement compréhensible. Le problème du sabir c'est qu'il ne rend pas compte d'une pensée complexe et  nuancée...  (cette définition a été prise dans Le Petit Larousse illustré de 2006)

La novlangue * : Nom donné par Georges Orwell dans son roman 1984. C'est le langage imposé par un système politique dominant, tyrannique. Georges Orwell y dénonça l'emprise du stalinisme. Mais on peut l'étendre à tout système qui veut asseoir son pouvoir sur une manipulation de la réalité à travers le langage. Je ne cesse de méditer sur ce roman, qui a changé ma vie et ma manière de voir, complètement.

Lisez ce livre toujours d'actualité, une oeuvre de science fiction, basée sur des faits réels observés par Georges Orwell.

Ne passez pas une année de plus, sans l'avoir lu. Ce livre est magnifiquement écrit. Il côtoie  la misère de l'homme dont le langage à été réduit à des dogmes  et qui devient par conséquent un langage de mensonge. 

Depuis que je suis enfant, j'aime les langues, leur étrangeté, leurs particularités et  je m'interroge à travers mes écrits vagabonds, sur la/les langue (s) que nous utilisons au quotidien, en France, le français  que je vois se transformer au fur et à mesure des choix que les gens font d'eux-mêmes, il n'y a personne pour les y contraindre. Je m'interroge sur la manière qu'a le franglais de pénétrer au milieu d'une conversation entre  amis, dans les familles, dans la rue.  C'est alors que je me souviens d'un très beau livre de Gao Xingjiang,   Soul Mountain (la montagne de l'âme), dans lequel il montre comment l'idéologie communiste s'est répandue jusqu'aux montagnes éloignées et les forêts ancestrales du Sichuan, jusque dans son intimité avec sa femme et dans leur lit, jusqu'à rendre cette intimité impossible. C'est dans ce livre que j'ai lu une des plus belles pages d'amour jamais écrite ou l'Histoire s'invite dans les  histoires intimes et change le destin de deux personnes dans le silence de ces régions reculées.

Je reviendrai sur la novlangue ... et nous essaierons dans un atelier futur d'écrire un poème avec des mots qui sont entrés (de gré ou de force) dans notre paysage imaginaire et réel, entre amis, en famille ... et qui nous viennent en fait de ce que nous entendons, d'un certain pouvoir (économique, politique, scientifique et même artistique) qui se répand à notre insu. La littérature parfois s'y fourvoie lorsqu'elle y succombe par complaisance ou lâcheté, c'est à dire lorsqu'elle veut nous faire  croire que c'est bon pour nous et pour le français.

Un deuxième livre a changé ma vie, à l'aube de mes quinze ans,  c'est le Grand Meaulnes d'Alain Fournier. Celui-là est bien français, bien enraciné, situé en Sologne, un pays magique de forêts et de bruyères, où un personnage fantastique et bien réel pourtant , surgit dans la vie du narrateur. Lisez-le également, il convient à tous les âges, car son écriture rend compte de la singularité de ce qui est raconté, vécu, rêvé ... C'est le contraire de la novlangue, une aspiration à la liberté  se glisse dans le roman à la veille de la guerre de 14  et lui insuffle toute sa beauté éphémère et fragile avant la destruction totale. 

Ni la guerre de 14-18, ni celle de 39-45 n'ont réussi à saccager  le français.

Comment le franglais aurait-il ce pouvoir ?  Restons optimistes, veillons et bien-veillons à ce qui le constitue, à  ce qui nous garde  créatifs et vivants.  Envisageons avec plaisir  de faire circuler des mots qui nous parlent et qui ont une saveur spécifique, car la langue française comme toute chose sur cette terre peut se flétrir  ou même mourir.

 

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Atelier d'écriture :

Réagissez, donnez-moi vos impressions et envoyez-moi vos réflexions  dans les commentaires à la fin de cet article, ou sur plauranice@gmail.com. 

 

Vous pouvez m'écrire sous la forme qui vous convient : essai, poème en prose,  en vers, collages, dessins, photo, mots épars ... copies de textes, lettre. Choisissez un format, un papier ou un autre support, les couleurs ou le blanc et noir, la sanguine. Choisissez ...

Inventez la forme qui portera votre création concernant le sujet qui nous occupe aujourd'hui : Le franglais.  

Partager votre expérience, vos expériences, heureuses ou malheureuses ... du franglais.

 

 

Voici mon  exemple de réponse au franglais  :

Ma liberté, "mes papillons" que j'attrape comme ils se présentent à moi. En fait une réponse envolée, bien loin de l'horizon bloqué du franglais.

Je vous propose un  petit poème en anglais, un poème de l'instant (j'avais quelques pensées sur le mot "apprendre", "connaître"),  mots qui fleurissent parmi  mes friches, des mots vagabonds qui vont leur chemin, au fil du temps qui passe, et qui sont proches du jour qui s'enfuit sans bruit, dans la nuit).  Ce poème  est fortement inspiré de mes lectures du poète Richard Brautigan.

                                                  i'm doing great

i'm doing great, what about you ?

we all know        that

     all we have learned

      during our lives

      will be lost

this is why it is so urgent

      to learn

while we are  alive

LMN - Feb 8th 2021

A bientôt, 

Vous pouvez aussi traduire ce poème et m'envoyer votre traduction. Attention la traduction est aussi un excellent exercice de français, dans laquelle on doit si possible rendre un certain rythme et les sons qui en donnent la couleur  ...  sans perdre de vue le sens. A vous maintenant ...

 

La novlangue (1984) Le pouvoir des mots, comme instruments de manipulation de la pensée, et comme instruments du pouvoir. A lire absolument et à garder dans votre bibliothèque.

La novlangue (1984) Le pouvoir des mots, comme instruments de manipulation de la pensée, et comme instruments du pouvoir. A lire absolument et à garder dans votre bibliothèque.

Big Brother is watching you - 1984  George Orwell

Big Brother is watching you - 1984 George Orwell

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