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MON ATELIER D'ECRITURE : LAISSEZ ENTRER LA GITANE

Je vous écris de cet instant là ...

Je vous écris de cet instant là ...

Au fil des mois, je m'interroge toujours sur l'acte d'écrire. Ce qui m'ancre dans l'écriture elle-même.

Ecrire n'est pas un acte de séduction. J'écris lorsque je sens que je suis dans une vérité de ce que j'entreprends, lorsque je suis prête à  "laisser entrer la gitane" (évocation de La Grande Vie de Christian Bobin p.61 de la collection folio-Gallimard), c'est à dire lorsque je suis prête à accueillir l'épaisseur de la vagabonde qui sommeille en moi. 

La vagabonde ne cherche pas à convaincre, elle marche et regarde où elle pose les pieds. Ainsi, je ne cherche que "ce qui passe dans l'air entre les feuilles de sureau. La poésie avance pieds nus, on ne l'entend pas, une phrase claque sur la page, on se retourne : elle vient d'entrer, la gitane".  (Christian Bobin)

Mes pas croisent un chat maigre, noir et puant. Il devient chemin de lecture et d'écriture. Il me permet de le saluer  car il a pu entrer par les mots dans mon histoire. 

Ainsi je me demande si écrire n'est pas un état d' esprit qui donne du sens à l'instant même où vous vous  couchez à côté des mots comme à côté d'un mari dont la présence silencieuse nourrit "le souffle de l'air entre les feuilles de sureau".

Je m'amuse aussi, à tordre les mots entre eux, à les élargir, les connecter, les renverser, les faire jaillir. La source est là, dans la vie, dans le mouvement du danseur qui ouvre ses bras comme des ailes et qui crie en silence : "je suis un oiseau".

 

La Grande Vie de Christian Bobin : quecherchezvous.com

La Grande Vie de Christian Bobin : quecherchezvous.com

Voici des phrases de Christian Bobin glanées dans La Grande Vie, qui vont vous aider pour un départ d'écriture.

- Tout d'abord choisissez l'endroit d'écriture (dans votre chambre, au bord d'un précipice, en haut d'un volcan, au coin de la rue etc.) et le moment d'écriture.

Le moment est très important car comme à l'oiseau qui déploie ses ailes ou turlutte, ou siffle, il faut consacrer du temps "entier" à l'écriture. Quand je dis entier, j'entends qu'il ne soit en aucun cas troublé par une dispersion de vous-même. C'est cette connection à vous-même qui va vous guider.

Ainsi, Christian Bobin écrit dans le chapitre l'Empereur du Japon (in La Grande Vie

"Cher petit merle, j'aurais voulu t'écrire à l'instant de ton apparition mais je ne suis maître de rien : le téléphone a sonné puis j'ai dû sortir faire les courses. Personne n'est tout à fait libre de son temps..."

Je vous laisse continuer cette lettre, qui soulève un rideau sur notre existence et ses limites ... "sur les choses qu'on dit et les choses qu'on fait, ou que l'on dit qu'on fait et qu'en fait on ne fait pas ..." 

A vous de laisser entrer la gitane et de vous laisser vagabonder .... 

 

 

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