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MON ATELIER PREFERE : LES ECLATS DE L'AUBE (4)

Atelier N°4 : Ecritures et éclats de lectures

Réf. article ECRITURES ET ECLATS DE LECTURES du 8/12/2019

- relisez l'article ci-dessus (lien ci-dessous)

 

http://liretecrireavecplaisir.com/

- Lisez un poème  à voix haute  par exemple, le poème Aube d' Arthur Rimbaud,  in "Illuminations", terme anglais qui signifie  "gravures",  "enluminures" -  En 1874, Rimbaud est en Angleterre.

- Lisez, relisez, variez vos dictions, rythmez, slamez, chantez ce poème.

- Fermez le livre, fermez les yeux, rêvez un moment. Ecrivez ce qu'il vous vient à l'esprit, quels éclats ont ensoleillé votre imaginaire ? 

- Vous pouvez choisir un autre poème, ou texte. Mais suivez cet exercice de lecture à voix haute ... Inspirez, et inspirez-vous ... et respirez votre écriture, laissez la vagabonder. 

- Envoyez vos créations (entre 5 à 20 lignes/vers/prose).

Je vous dévoilerai ma propre création, basée sur cette lecture (Aube de Rimbaud) dans "mes poèmes de l'instant".

 

 

Aujourd'hui, samedi 13 juin, il pleut abondamment sur Nice., des gouttes lourdes, serrées, sonores.

Comme promis, je vous livre ce poème (écrit dans l'instant de l'aube). J'ai suivi mes propres conseils et me suis imprégnée, imbibée de ce moment  offert par Rimbaud, en le lisant et en le relisant, à voix haute, puis en silence ... Puis j'ai fermé le livre et j'ai laissé venir à moi les mots et les images : Doux moment de méditation.

                        Eclats de l'aube (ou) Lueurs de l'Aube

                                 (ou) Bribes de l'aube

 

J'ai contemplé l'aube enlacée dans sa robe de voiles et ses couleurs de cernes. J'ai senti ses paupières lourdes qui ne quittaient pas les ombres de la nuit aux pieds des coteaux. Par les chemins je l'ai cherchée. Je l'ai trouvée,  elle dégrafait un à un les points du jour qui la retenait prisonnière dans leur corset de cuir.  Elle répandait son haleine douce et ambrée, et jetait des regards d'étincelles, égarés. Les clochers et les marbres des  frontons se répondaient et tissaient leurs fils de lumière.

Je voulus l'enlacer à mon tour et la tenir dans mes bras. Elle s'évanouit aussitôt, me laissant seule au bord du jour .

             Laurence Marie Noé in "Poèmes de l'instant"        

             Nice le 13 juin 2020

 

"Je veux peindre ce qui ne se voit pas" Zao Wou-Ki

"Je veux peindre ce qui ne se voit pas" Zao Wou-Ki

https://www.lofficiel.com/art/zao-wou-ki-peindre-ce-qui-ne-se-voit-pas-le-souffle-la-vie-le-vent

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MON ATELIER PREFERE : L'ATELIER-PLUME (3)

Atelier N°3 : L'atelier-plume

 

 

Réf. L'ESPRIT VAGABOND du 15/11/2019 et l'ATELIER-PORTATIF  du 18/11/2019

- Relisez les deux articles ci-dessus (liens ci-dessous)

 

http://liretecrireavecplaisir.com/
http://liretecrireavecplaisir.com/

(A la fois plume pour écrire, et légèreté du propos),  c'est-à-dire sans apporter de véritable intention, mais en saisissant les mots et les idées au vol.

- Observez le monde réel autour de vous avec tous vos sens en éveil : la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat, le goût.

- Prenez des notes. Vos observations sont libres, elles peuvent devenir sélectives, concentrées sur un objet, un détail, ou sur l'ensemble et sur  l'écho qu'elles produisent en vous-même. Ne cherchez pas à mettre du sens, à interpréter, faites-vous léger (légère) et passif (passive)  comme une anémone de mer au gré des courants.

- Concentrez-vous sur  cette tâche et à ce que vous voyez (sans chercher à faire de belles phrases, à avoir un style).

- Revoyez l'exemple donné dans cet article.

- Observez ce que vous avez écrit. Qu'en pensez-vous ?           

 

 

Et voici l'exemple que je vous donne  :

Ce petit poème,(poème plume) a été écrit dans le bus à Nice (ligne 1), Avenue Malausséna, le 24 septembre 1982. Il faisait encore chaud, le bus avançait lentement, quand j'ai aperçu une femme à une fenêtre.

Et je regardais la solitude

Penchée à la fenêtre

Au teint de couperose

Bras replié en dedans

Sur une serviette rose

 

 

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MON ATELIER PREFERE : LOUISE BOURGEOIS (2)

   ATELIER D'ECRITURE N° 2

Réf. article UN REVEILLON AVEC LOUISE BOURGEOIS du 18/01/2020

et COMMENT LES MOTS VIENNENT AUX HOMMES du 29 janvier 2020

Qu'est-ce qu'écrire ?

- Relisez l'article ci-dessus (liens ci-dessous).

 

http://liretecrireavecplaisir.com/
http://liretecrireavecplaisir.com/
 
 
 
 
 
Je vous propose aujourd'hui un atelier un peu différent, qui est à la fois méditation et pensée -plume. Il vous faut pour cela vous accorder un moment de calme.

- Qu'est-ce qu'écrire ?  

  L'écrivain Christian Bobin dans l'Homme-Joie confie :  

"Ecrire, c'est dessiner une porte sur un mur infranchissable et puis l'ouvrir"

ou bien cette phrase avec laquelle vous pourriez  saisir une belle pensée-plume (comme celles de Louise Bourgeois) : 

"C'est alors que je me rendis compte de l'état d'abandon de mon lit, déserté et défait, dans son rectangle parfait ..." (L.M. Noé) dans l'article  UN REVEILLON AVEC LOUISE BOURGEOIS  - NEW YEAR'S EVE

Je vous rappelle également les mots de Merce Cunningham , grand chorégraphe américain, dont le chemin de création est extrêmement précis, comme mathématique. A la question "Why do you dance ? Do you want to express  something, or a feeling or a story ?" il répondait :"I just do it and that's all."

Comme Merce Cunningham avec la danse, pratiquez les mots, l'écriture, la lecture, expérimentez, goûtez, observez le plus régulièrement possible.

Ecrivez et c'est tout (en français, en anglais, ou en espagnol, italien, allemand).  

Soyez dans votre écriture, soyez votre écriture !

Envoyez-moi vos créations (collages, fragments, pensées-plumes) à plauranice@gmail.com ou bien donnez l'adresse de votre blog avec vos écrits dans les commentaires.

Voici ma propre création, avec sa traduction en anglais  (J'observais mon lit et saisissais au vol les pensées-plumes (comme Louise Bourgeois, sans essayer de les transformer) :

Réveillon du Nouvel An 2020

Je vois mon lit défait

chaud de la nuit

Pâle et plein de rides

Un chat y sommeille

Il se met en coussin

Les vibrisses en alerte

A tous les silences

Qui traversent

buissons épineux

Le jour qui pointe son nez humide

Tout replié

Tout ramassé

Tout en lui-même

Tout en écoute

En attente de rien

Il respire pourtant

Tout en-dedans

Tout en-dehors

Un petit coussin,

Tout échevelé,

Qui monte et qui descend.

Le 31 décembre 2019 ,  Nice  (poème de l'instant - une expérience de traduction - Sur la rive d'une année nouvelle)

I will continue in English and give a translation of  this poem of that very moment, in its platitude and triviality. However it is special and unique, and the color of it is quite nostalgic. It came like this ... and I didn't do anything to restrain it.

 

I can see my bed now

all messed up still

warm of the pale night

and deeply wrinkled

A cat is looking for a place to sleep

Like a pillow he is

all coiled up

His shrublike moustache

on alert

is listening to silences

Which pass through the daylight

 Shows its muggy nose

All withdrawn into himself

and all stocky

All within

All listening

And waiting for nothing

breathes though

All within

and all out of himself

A little hairy pillow

He was,

dishevelled,

that goes up and down.

Laurence Marie Noé (a poem of the instant - an experience of translation). On the shore of a new year.

 

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MON ATELIER PREFERE : LE SEL DE LA VIE (1)

                                                   ATELIER N°1

   LES MOMENTS DELICIEUX DE LA VIE QUOTIDIENNE

Réf. Article  LE SEL DE LA VIE   DE   FRANCOISE HERITIER

 

http://liretecrireavecplaisir.com/

 

- Relisez l'article en référence et lisez ou relisez le livre de Françoise Héritier, "le sel de la vie".

Le livre de Françoise Héritier nous invite à prendre la plume, tout simplement. Ce sera notre atelier d'écriture d'aujourd'hui, ou de tous les jours :  écrire une phrase, en une énumération, comme un  poème en prose en hommage à la vie. cet atelier peut convenir à tous les âges.  (10 lignes minimum, une page maximum).

(Voici un petit florilège, dans le désordre, de ces "moments fugitifs de grâce") :

- Ecrivez vous aussi, en une seule phrase, séparée par des virgules, les verbes qui décrivent le "sel de la vie".

C'est un exercice d'écriture savoureux.

Voici un passage tiré du livre de Françoise Héritier :

"Traverser une rivière à gué ou en sautant de pierre en pierre, écouter ruisseler l'eau d'un torrent préparer le thétrouver belles les éoliennes, détester l'atmosphère des soldesdonner rendez-vous au bout du monde mais dans un lieu très précis (et dans six mois) à quelqu'un qu'on aime et ne pas retrouver l'endroit,  manger un sandwich dans la ruecaresserêtre caresséembrasser"

... a vous maintenant ...

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ATELIER AMI : PLUME-DE-POETE-ET-SES-DEFIS (1/268)

Aujourd'hui, je participe à un atelier d'écriture qui parait chaque semaine sur le blog : Plume-de-poète-et-ses-defis et qui s'appelle :

Défis - la plume d'Evy

Si vous souhaitez vous aussi participer à ces ateliers, connectez-vous à ce blog. C'est un blog très intéressant, très vivant car très participatif. Vous pourrez ainsi naviguer sur beaucoup de blogs autour de la création, de l'écriture et de la lecture.

Alors, à vos plumes, et cette fois-ci, relevez les défis d'écriture d'evy.

 

DÉFIS N °268 : THÈME " INSTANT ÉPHÉMÈRE " LISTE DE MOTS "

Défis n °268 : Thème   " Instant éphémère " Liste de mots "

J'organise chaque semaine un défi

Vous avez le choix dans la liste ci-dessous et la semaine pour le faire 

D'écriture, Poésie, Acrostiches, Citations, texte d'Auteurs, Haïku,  prose etc...

De créa  d'image, de gif, de photo, peinture, dessin, Vidéo, musique Reportage etc...

Ayant pour règle un thème imposé

Où 10 mots

Ouvert du Dimanche au Dimanche  

Vous faites comme ça vous arrange

Même si vous dépassez la semaine

Un grand bravo aux participants 

 

Cette semaine le thème du 31/05/20 au 07/06/20

C'est "  Instant éphémère "

--- Les 10 mots 

Assis, voir, Goutte, Brouillard, Parallèle, Vide, Sauvage, Monde,Imagination, Éphémère... 

On peut conjuguer , mettre au pluriel ou singulier 

et ou féminin , masculin, ou féminin ou masculin...

Evy

                                   Sans titre 

 

Il s'appelait Ephémère

Je l'avais posé tout au fond,

Avec son petit coeur

Là bien plié, bien tassé,

De mon sac.

Il pesait lourd

A chaque pas

Mon imagination s'agitait

Et voulait sentir le Monde

Sa beauté, sa fragilité,

Mais on n'y voyait goutte

Et le brouillard m'égara

et mes yeux s'égarèrent

Je fendis l'espace vide

Je pressai le pas,

Ma nature sauvage

Discernait des troncs parallèles

Noirs

Je fouillai au fond

Mes mains cherchèrent,

Il était là, bien assis,

Tout plié,  tout ramassé,

Je perçus sa peau dorée,

Et sa pierre autour du cou,

Et le temps, le temps

Qui souriait.

                               Laurence Marie Noé

                               Nice, le 6 juin 2020 - 17:00

             

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LE BERRY, UN SONGE

En Berry - Epineuil-Le-Fleuriel au début du XXème siècle

En Berry - Epineuil-Le-Fleuriel au début du XXème siècle

Aujourd'hui je vous écris à côté de mon jardin plein du chant des oiseaux, de sifflements longs et modulés, de pépiements répétés,  de tonalités diverses, de  gazouillis et de ramages savants. Je voudrais pouvoir décrire facilement ce que j'entends, mais je me rends compte que le langage peine à décrire les sons, tant il agit comme un formidable simplificateur de la réalité, une arithmétique qui tente de rendre la réalité sans atteindre jamais son but. Cependant la réalité est là et m'imprime de sa complexité.

Le moment d'écriture que je choisis est lui-même différent  de celui que je transcris. Je baigne dans une atmosphère chaude de début d'été car ici à Nice, nous sentons déjà l'été plus que le printemps mais le jour dont je veux vous parler fait déjà partie de mon histoire, de l'histoire et une certaine nostalgie vient s'y glisser sans crier gare.

Le moment dont je veux vous parler c'est celui du 12 mai dernier. C'est le matin. Je lis dans Télérama 3664 du 01/04/20 une petite phrase qui chemine sur mes tartines et mon café : "L'écrivain recherche les vibrations qui émanent des lieux". Voilà une phrase qui me parle, me signifie quelque chose. Elle contient tant de choses qui me sont  précieuses pour vivre chaque jour qui se lève et étirer le temps de l'existence.

L'écrivain est Alain Fournier, que j'ai tant aimé dans "Le Grand Meaulnes". J'ai tant rêvé la Sologne, ses marais, ses bruyères, ses espaces infinis et troubles, grâce à Alain Fournier. J'ai plus rêvé  la Sologne que l'Amérique qui m'arrivait à travers des stéréotypes, des paysages et des personnages filmés. Ici s'étendait la Sologne et ses mystères, si proches, soufflant une haleine de brouillards, d'histoires d'amour impossibles, de personnages qui me hantaient longtemps. Je compris "les Riches Heures du Duc de Berry". J'avais dix-sept ans.

C'est ainsi que cette petite phrase "l'écrivain recherche les vibrations qui émanent des lieux" et la carte postale du Vieux Moulin d'Epineuil-le-Fleuriel me plongèrent dans une contemplation toute entière tournée vers le Berry et me conduisirent à écrire :

Mon regard s'arrête

sur la photo vieillie

d'une carte postale,

Profil d'une Marianne

Bonnet phrygien

Boucles en cascade 

Rouge sang

geste grec et dansé

D'une semeuse

Elle ensemence la terre

et son dos en cadence

tourne sur sa taille vers nous

ses hanches légèrement de face

Dix centimes

Un timbre

cadences

République Française,

Lumière d'août

Début du XXème

Jaunes et gris fanés

En Berry - Epineuil-le-Fleuriel

Cette suite de notes

Lieux en musique

Fugues d'ombres et de clartés,

Je les contemple

comme on contemple

des images graphiques

mélodiques

En Berry, Epineuil-le-Fleuriel

Une pluie de è, é, e, èl, eu, euil,

Cousines voyelles,

Ouvre des paysages

Doux et vallonnés

Et montre un moulin

Caché par des peupliers

Blancs

Et une famille, nombreuse,

Des femmes

Est-ce la guerre ?

On y entend comme le bruissement d'un paradis

Une terre d'abondance maternelle

Au goût de miel.

                                  Poème de  l'instant

                                  Laurence Marie  Noé

                                  Le 12 mai  2020

                                  à Nice

 

Lorsque  j'eus terminé de rêver le Berry,  pays ô combien exotique et parcouru d'histoires et de légendes, je décidai d'aller chercher un livre de George Sand. Jamais jusqu'alors, je n'avais ressenti l'envie  impérieuse d'acheter un livre de George Sand.

Je trouvai le jour même, dans la librairie "Les Journées Suspendues" à Nice,  qui ouvrait après deux mois d'interruption,   "La Mare au Diable" chez folio classique.

La Mare au Diable est précédé de propos de l'auteur, qui sont des réflexions d'écriture. Comment en est-elle arrivé à écrire "La Mare au Diable" ? Elle s'adresse au lecteur, mais je pense également aux critiques, qui vont toujours bon train, lorsqu'il s'agit d'histoires simples d'hommes et de femmes simples (j'entends par simple, des histoires qui se veulent des histoires, avec un début, un milieu, une fin et par gens simples, des gens modestes, qui  ne font pas partie des milieux bien informés de l'époque, c'est à dire des gens cultivés, de l'aristocratie, de la bourgeoisie, ou de la ville, c'est à dire Paris). Bien sûr, simple ne veut pas dire simpliste.

Elle appelle la série de romans dont fait partie "La Mare au Diable", ses romans champêtres. Elle affirme "je n'ai eu aucun système, aucune prétention révolutionnaire en littérature".

"Je n'ai rien fait de neuf en suivant la pente qui ramène l'homme civilisé aux charmes de la vie primitive. je n'ai voulu ni faire une nouvelle langue, ni me chercher une nouvelle manière". 

"... la critique en cherche si long, quand l'idée la plus simple, la circonstance la plus vulgaire, sont les seules inspirations auxquelles les productions de l'art doivent l'être". ..... "une scène réelle que j'eus sous les yeux dans le même moment, au temps des semailles, voilà ce qui m'a poussé à écrire cette histoire modeste, placée au milieu des humbles paysages que je parcourais chaque jour";

"Si on me demande ce que j'ai voulu faire, je répondrai que j'ai voulu faire une chose très touchante et très simple, et que je n'ai pas réussi à mon gré. J'ai bien vu, j'ai bien senti le beau dans le simple, mais voir et peindre sont deux !"

"Tout ce que l'artiste peut espérer de mieux, c'est d'engager ceux qui ont des yeux à regarder aussi".

 

 

 

 

 

 

Une femme passionnée et passionnante. Une femme très contemporaine.

Une femme passionnée et passionnante. Une femme très contemporaine.

"Par le rêve, la méditation et la prière, je m'évade loin, si loin" "La terre est en train de mourir et de s'appauvrir et l'homme par besoin de s'enrichir et par cette avidité incroyable,ne comprend pas qu'il est en danger" G. Sand

Ce sont ces mots qui précèdent le roman  lui-même, qui m'ont poussée jusqu'à la librairie. Je savais que j'y découvrirais quelque chose  comme de l'art de lire et d'écrire, qui est mon chemin. 

Lisons ensemble George Sand et la "Mare au Diable" et laissons nous entraîner dans ce Berry de sortilèges, et de légendes. 

Je vous invite également à noter des réflexions, des moments de lecture. Avez-vous été touché (e) par "la Mare au Diable"? Avez-vous été transporté (e)  par le génie de cette auteure méconnue, qu'on ne lit plus guère et qui pourtant fait preuve d'une grande contemporanéité d'esprit et de langage. 

Les préoccupations de nos frères humains du XIXème siècle, sont les mêmes qu'aujourd'hui, (l'amour, le mariage, le travail, la femme, l'homme, les enfants, la nature, la mort),

et leur manière de percevoir le monde jette une lumière mélancolique sur notre époque.

                                          --o00o--

Ecoutez également :

George Sand, vie singulière d'une auteure majuscule, sur France-Culture :

George ou le souvenir d’enfance

L’enfance hante l’oeuvre de George Sand, elle ne cesse d’y revenir, de recomposer ses souvenirs troués, d’en chercher le sens. Parce que George Sand marche dans les pas de Rousseau, elle prend l’enfance au sérieux, la sienne et celle des autres. 

Elle écrit des histoires où les enfants parlent aux arbres, inventent des potions magiques ou se perdent dans la forêt. Sans mièvrerie, pédagogue dissidente, elle fait l’école à ses enfants, chante et herborise avec ses petites-filles. Et c’est comme ça, fille, mère, puis grand-mère qu’elle réinvente la filiation. L’enfance comme un fil rouge, une clé pour comprendre la vie et l’oeuvre de George Sand.

Un songe d'âge d’or, un mirage d’innocence champêtre, artiste ou poétique m’a prise dès l’enfance et m’a suivie dans l’âge mûr. George Sand

Textes de George Sand cités :

  • Histoire de ma vie
  • La Petite Fadette
  • Contes d’une Grand-Mère
  • Correspondance éditée par George Lubin chez Garnier Frères

Publications en lien avec l’émission :

  • Martine Reid, George Sand, Paris, Gallimard, 2013
  • George Sand, Histoire de ma vie, éd. Martine Reid, Paris, Gallimard “Quarto”, 2004

Intervenants :

  • Michelle Perrot, professeure émérite d’histoire à l’Université Paris VII-Diderot.
  • Martine Reid, professeure de langue et littérature françaises à l’Université de Lille-III.
  • Christine Planté, professeure de littérature française du XIXe siècle à l’Université Lumière-Lyon-II
  • Anne Verjus, chercheure en histoire politique au CNRS.
  • Mona Ozouf, historienne, directrice de recherches au CNRS.

 

 

 

 

Le début plein de charme du roman "la mare au diable"

Le début plein de charme du roman "la mare au diable"

Au domaine de Nohant

Au domaine de Nohant

Je vous donne d'autres références à lire sur le Berry, la terre de George Sand.

Article de Télérama - Voyager Autrement - Ici se rencontrent les esprits

N° 3657 12/02/20

 

 

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LE SEL DE LA VIE : L'HERITAGE DE FRANCOISE HERITIER

J'ai connu Françoise Héritier récemment, grâce à l'émission télévisée "La Grande Librairie", de François Busnel. J'avais beaucoup apprécié sa façon de parler et de réfléchir.  Née le 15 novembre 1933 à Veauche dans la Loire (France) elle est  morte le 15 novembre 2017 à Paris.

Puis j'ai cherché un livre d'elle à la bibliothèque, son expérience d'anthropologue et d'ethnologue m'intéressait. Cela lui donnait un point de vue distancé sur sa propre vie, qu'à la fois elle vivait et observait. Je revins à la maison avec un petit livre qui me mit l'eau à la bouche  : "Le sel de la vie".  Un livre publié chez Odile Jacob de 87 pages.

J'ai senti qu'avec Françoise Héritier, j'avais rencontré une écrivaine, que je pourrais lire et relire et qui pourrait m'accompagner, comme une amie dans mes petits travaux d'écriture, qu'elle pourrait être une guide.

Les titres sont importants, ils nous attirent, nous séduisent  ou nous rejettent. "Le sel de la vie" m'intrigua tout de suite, et j'entrais dans ce petit livre par quelques mots qui résonnent en moi comme les notes d'un instrument à cordes.

Mais le mieux est de l'écouter parler de son livre et comment il est né, d'en connaître la source, l'élan,  le "terreau" qui ont été ses appuis.

 

 

 

 

Merveilleuse Françoise Héritier. Je goûte ses mots passionnément, et je m'y retrouve.

A lire légèrement et profondément

A lire légèrement et profondément

Certains mots utilisés par Françoise Héritier comme je vous l'ai dit, font sonner des cordes intérieures, très profondes. Si vous avez lu mes précédents articles, vous allez les reconnaître. Ce sont les mots de "grâce", de " légèreté de l'être", de "terreau", de "mouvement".

Le projet de ce livre est de commencer par quelques mots, c'est ce qu'elle appelle "une fantaisie", née au fil de la plume et de l'inspiration.

Par des associations spontanées avec d'autres mots, Françoise Héritier nous invite à parcourir un chemin de "sensations, d'émotions, de petits plaisirs, de grandes joies, de profondes désillusions parfois et même de peines. Mais son esprit se tourne plutôt vers des moments lumineux.

Elle nous dit dans sa préface : "C'est donc une énumération  qui suit, une simple liste, en une longue phrase, qui est venue ainsi toute seule par à-coups, comme un grand monologue murmuré".

Ces mots murmurés pénètrent en nous. Ils sont très précieux, car ils nous invitent à "ne pas nous laisser déposséder par notre vie active, un entourage dévorant, un travail obsédant, des responsabilités multiples accablantes."

Le livre de Françoise Héritier nous propose également de prendre la plume, tout simplement. Ce sera notre atelier d'écriture d'aujourd'hui,ou de tous les jours :  écrire une phrase, en une énumération, comme un  poème en prose en hommage à la vie. cet atelier peut convenir à tous les âges.  5 lignes minimum, une page maximum.

(Voici un petit florilège, dans le désordre, de ces fiorettis souriants et entraînants) : Le continuer, en une seule phrase, séparée par des virgules. C'est un exercice d'écriture savoureux.

- traverser une rivière à gué ou en sautant de pierre en pierre

- écouter ruisseler l'eau d'un torrent

- préparer le thé

- trouver belles les éoliennes

- détester l'atmosphère des soldes

- donner rendez-vous au bout du monde mais dans un lieu très précis (et dans six mois) à quelqu'un qu'on aime et ne pas retrouver l'endroit 

- manger un sandwich dans la rue

- caresser

- être caressé

- embrasser

 

 

 

 

 

 

A vos plumes, j'attends impatiemment de vos nouvelles.

Vous pouvez les envoyer à mon adresse : plauranice@gmail.com

(French, English, Spanish, Italian, even German  accepted)

 

 

 

 

Pour en savoir plus :

Article du Monde du 16 novembre 2017

L'anthropologue Françoise Héritier, femme de combats.

C’est une grande anthro­po­logue, une intellectuelle à la fois discrète, modeste et mondialement reconnue, une femme de courage à la douceur infinie, qui est morte dans la nuit du 14 au 15 novem­­­bre. Atteinte de polychondrite, une maladie rare pour laquelle elle était soignée depuis 1983, Françoise Héritier a succombé à une rupture de l’aorte, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris.

« C’est la plus grande anthropologue de sa génération », témoigne l’africaniste Emmanuel Terray. « Elle a poussé le structuralisme plus loin que Claude Lévi-Strauss ne l’avait fait lui-même », assure l’ethnologue Marc Augé, qui fut son mari pendant vingt ans. « Elle s’est battue avec toute la force de son intelligence pour affirmer les droits des femmes et leur volonté de se débarrasser de cette domination masculine », explique Salvatore D’Onofrio, professeur à l’université de Palerme et membre du Laboratoire d’anthropologie sociale.

Ses champs de recherche sont impressionnants et couvrent aussi bien les rapports entre le masculin et le féminin que la mécanique des liquides corporels, l’inceste que la contraception, la différence que la violence.   (...)

Françoise Héritier, en 1987.
Françoise Héritier, en 1987. Martine Franck / Magnum Photos

Mais Françoise Héritier toucha plus récemment le grand public en publiant Le Sel de la vie (Odile Jacob, 2012), livre au succès immense, grand monologue sur ces ­ « moments fugitifs de grâce » qui composent une vie, relevé précis mais sans préciosité de ses « trésors intimes », « florilège de sensualité » où l’anthropologue devenue écrivaine des bonheurs quotidiens évoque le plaisir de « marcher à contre-courant » ou de « regarder les branches secouées par le vent ». C’est pourquoi Marc Augé, dans un texte à paraître dans un numéro des Cahiers de l’Herne qui sera consacré à Françoise Héritier en 2018 et que Le Monde publie ci-contre, décèle dans cet ouvrage l’empreinte de ce « matérialisme tranquille » qui vient de loin. De sa longue fréquentation des Samo du Burkina, à l’évidence, mais aussi de son enfance.

D’ascendance paysanne – la branche paternelle de la famille est composée d’Auvergnats du Livradois et celle de sa mère est originaire de la Bourgogne du Charolais –, Françoise Héritier est « une enfant de la seconde guerre mondiale », dit-elle dans Une pensée en mouvement (Odile Jacob, 2009), montage d’entretiens retraçant l’itinéraire de la chercheuse.  (...)

Elle aurait préféré passer une licence d’histoire tout court, mais, pour les filles, cette discipline était nécessairement couplée à la géographie. Férue d’égyptologie, elle ignore l’ethnologie. Mais une bande d’étudiants en philosophie l’emmène au Musée de l’homme suivre un séminaire enthousiasmant. C’était celui de Claude Lévi-Strauss. Et ce fut « la révélation de [sa] vie ». Il faut imaginer l’émerveillement de la jeune femme qui ouvrait des yeux « comme des soucoupes » à l’écoute des exposés du « maître » sur le vasu fidjien (le privilège qu’a le neveu utérin sur les biens de son oncle maternel, aux Fidji) ou sur la chasse aux aigles chez les Hidatsa (épreuve en forme de rite de passage au cours de laquelle les jeunes hommes de cette population d’Indiens d’Amérique du Nord devaient prélever sur un aigle vivant des plumes qu’ils arboreraient dans leurs futures coiffes).

 

 

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ENFANTS, ADOLESCENTS, ENTREZ DANS VOTRE ATELIER DE LECTURE ET D'ECRITURE

lecture, beauté, "luxe, calme, volupté "

lecture, beauté, "luxe, calme, volupté "

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Voilà, ces ateliers sont ouverts à tous les enfants et adolescents, et à tous ceux qui se sentent des enfants à perpétuité,  qui veulent écrire et lire et qui veulent partager leurs productions écrites ou leurs lectures silencieuses ou à voix haute. Je les accueillerai avec enthousiasme. Cet espace virtuel leur est en partie dédié. 

Il sera ta cabane de lecture et d'écriture.

Toutes les variations d'écritures sont encouragées,  la seule contrainte est de t'autoriser une liberté d'écritures et d'expressions. Alors,  à tes collages, dessins/graphies, mixage de techniques mots-images comme dans les calligrammes, "dans le style de ....",  nouvelles ...

Cet espace  est ton  espace pour expérimenter des formes d'écriture et de lecture. 

Ce blogue  aime la lenteur, la rêverie, les méandres des grands fleuves, et les troncs noueux des oliviers millénaires. Ainsi, le long d'un chemin sans fin, je marche dans des jardins  un peu sauvages, parmi les plantes vagabondes et les herbes méprisées. 

Cet espace est ton chemin, à toi d'y faire des découvertes.

Rêve et peins avec des mots ... et fais-nous connaître ton vocabulaire, ta grammaire, tes élans, tes pensées, tes couleurs, tes nuances.

Ouvre tes ailes et mets tes "semelles de vent" ... Laisse courir ta plume et tes pensées personnelles.

A bientôt,

Laurence-Marie

Un comité de lecture accordera beaucoup d'attention à tes écrits et productions  et nous espérons qu'ils trouveront leur chemin jusqu'à une publication dans ce blogue.

 Quelque part dans Nice, noyée de jasmins,  la Casarêve ...

Quelque part dans Nice, noyée de jasmins, la Casarêve ...

Atelier N°6 : Ateliers pour les adolescents

Réf article NOEL DE LECTURES ET D'ECRITURES POUR LES ADOLESCENTS du 1/01/2020

- Relis l'article ci-dessus (lien ci-dessous)

 

- Ecris un extrait de ton journal imaginaire (Une page suffit, écris d'un seul et même jet, comme un long plan de cinéma).

- Imprègne-toi des lectures proposées que tu peux trouver facilement dans la bibliothèque de ta ville ou ton village.

- Exemples à lire et relire :  Le journal d'Aurore de Marie Desplechin (Tome 1) et le journal d'Adèle de Paule du Bouchet.

- Bien sûr, tu peux lire le journal d'Anne Frank, qui m'avait passionnée lorsque j'avais ton âge ... ou le journal, d'un autre auteur qui te plaît davantage.

- Envoie-moi tes créations à plauranice@gmail.com. 

 

 

Atelier N° 7 : La Dame aux Oiseaux

Réf. article NOEL POUR LES ENFANTS

- Je te propose une lecture à voix haute, c'est très important de lire un texte que l'on aime, à voix haute et d'entendre les mots sonner à l'intérieur de soi.

http://liretecrireavecplaisir.com/

- Tu peux lire le livre qui est proposé (la Dame aux Oiseaux) ou bien en choisir un qui te plaise ou que tu connais ( le Roman de Renard ou un autre)

- N'oublie pas de t'enregistrer et te t'écouter ensuite.

- Envoie-moi ta lecture.

- A la suite de ce travail, je suis sûre que des mots délicieux te viendront à l'esprit et que tu voudras écrire toi aussi.

- Envoie tes mots, tes poèmes, tes lettres ... à plauranice@gmail.com

 

Le jour d'après ...  Un monde meilleur ou le meilleur des mondes ?

Le jour d'après ... Un monde meilleur ou le meilleur des mondes ?

ATELIER N° 8  Adolescents

Réf.  Article LES MOTS ET LES MAUX DES ADOS du 27 février 2020

 

http://liretecrireavecplaisir.com/

- Relis l'article ci-dessus  (souvenir de l'atelier de lecture avec Sophie Branganti qui convoque son enfance aux Moulins à l'ouest de Nice)

- Ecris sur toi.   Ecris sur une personne de ta famille, ta grand-mère, ton grand-père ...

   Ecris sur l'endroit où tu vis avec ta famille.

   Ecris sur un souvenir dont tu es fier (ère) ou honteux (honteuse). 

   Ecris, tout simplement.

Envoie tout à mon adresse plauranice@gmail.com

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A MIS AMIGOS CHILENOS Y PANAMEÑOS - UNA VOZ SE APAGO

Luis Sepulveda fallecio en Oviedo (Espana)del Coronavirus. Tenia 70 anos.

Luis Sepulveda fallecio en Oviedo (Espana)del Coronavirus. Tenia 70 anos.

A  Christel ,  amiga mia.

En recuerdo de mis amigos Chilenos (entre tantos René Altamirano y sus compañeros) que vivieron con nuestra pequeña familia, en la  casa que teníamos en Panamà, en la calle Tercera, cerca del Hotel Central, en 1976/1977  desde el primer día que llegaron ahí, en la Plaza Central, como exiliados y refugiados de los campos de prisioneros en Chile después del golpe de estado de Pinochet. !Ojalà uno de ellos leyese estas palabras y  escribiese a plauranice@gmail.com !  

A Adriensito y Alansito que eran chiquititos y que en esa época estaban creciendo y  jugando en la Plaza de Francia (Panamà ciudad), o en los balcones de madera colgados por encima de la calle tercera, con los niños panameños y chilenos. A lo lejos se divisaban el Pacifico y la isla de Taboga. 

A mi marido cuyos alumnos cantaron "Auprès de ma Blonde" (XVIII siglo) en la Plaza de Francia,  frente al oceano Pacifico el 14 de Julio 1977.

(L.M. Noé)

           ------------------------------------------

Luis Sepùlveda es un Escritor chileno, el nació en Ovalle en 1949 y murió en Oviedo (Espana) del coronavirus hace dos días. Tenia setenta anos.   

A raíz de la publicación de la novela "Un viejo que leía novelas de amor "(1992), se convirtió en uno de los escritores latinoamericanos más leídos en todo el mundo.

Políticamente comprometido fue apresado  durante la dictatura de Augusto Pinochet y posteriormente abandonò el paìs. 

De su ideario político y social destaca su preocupación por el desequilibrio del planeta y el futuro de la humanidad.

Con un lenguaje directo, de rápida lectura, cargado de anécdotas, sus libros denuncian el desastre ecológico que afecta el mundo y critica el egoísta comportamiento humano, pero también muestran y exaltan las más maravillosas manifestaciones de la naturaleza.

"Un viejo que leía novelas de amor" (1988) es una historia repleta de los ruidos, susurros, secretos en la selva ecuatoriana, en el mundo de los Indios Shuars o Jibaros. 

Aunque el pueblo en la selva ecuatoriania se llama "El Idilio", en la realidad no es un idilio. La natura no es un paraíso tan poco es el jardín del Edén. Es un ente inmenso y terrible al cual  los hombres, animales, plantas  y ríos están atados  por el mejor y  el peor. Están juntos en un abrazo permanente, vital y mortal, lucido y ciego, hostil y amoroso, brutal y astuto. El escritor non contempla la naturaleza con candidez ni simpleza. En lo contrario afirma que la ingenuidad y las ideas simples  están tan  peligrosas y destructivas como las de la  dominación y de la avidez.

Encontrarse cara a cara con la naturaleza (cuando Luis Sepulveda huyò  de  Chile,  vivò con los Shuars, Indios en Ecuador)  non necesita  sentimientos sino un saber y numerosos conocimientos muy importantes para sobrevivir en una selva muy compleja, conocimientos que los Indios han acumulado  durante siglos. Sepulveda  se da cuenta con tristeza que los hombres que explotan  la selva de Amazonia y que se llaman los hombres de progreso, (con oposición a los jíbaròs que significa en español "salvajes") conduce a la desaparición de estos hombres que tienen el saber de ese  medio complejo que es la selva. Cuando Lùis escribe la novela, dedica su libro a Chico Mendez, su amigo y ardiente abogado  de la selva amazona (una de las figuras màs famosas  del movimiento  ecológico universal) asesinato un ano antes por hombres armados y pagados por los criminales más poderosos del mundo.

Así comienza la novela :

NOTA DEL AUTOR
Cuando esta novela era leída en Oviedo por los integrantes del jurado que pocos días más tarde le otorgaría el Premio Tigre Juan, a muchos miles de kilómetros de distancia e ignominia una banda de asesinos armados y pagados por otros criminales mayores, de los que llevan trajes bien cortados, uñas cuidadas y dicen actuar en nombre del «progreso», terminaba con la vida de uno de los más preclaros defensores de la amazonia, y una de las figuras más destacadas y consecuentes del Movimiento Ecológico Universal.

Esta novela ya nunca llegará a tus manos, Chico Mendes, querido amigo de pocas palabras y muchas acciones, pero el Premio Tigre Juan es también tuyo, y de todos los que continuarán tu camino, nuestro camino colectivo en defensa de este el único mundo que tenemos.

 

Dedicatoria :

A mi lejano amigo Miguel Tzenke, síndico shuar de Sumbi en el alto Nangaritza y gran defensor de la amazonia. En una noche de narraciones desbordantes de  magia me entregó algunos detalles de su desconocido mundo verde, los que más tarde, en otros confines alejados del Edén ecuatorial, me servirían para construir esta historia

 

Capítulo primero
El cielo era una inflada panza de burro colgando amenazante a escasos 
palmos de las cabezas. El viento tibio y pegajoso barría algunas hojas sueltas y sacudía con violencia los bananos raquíticos que adornaban el frontis de la alcaldía.

Los pocos habitantes de El Idilio más un puñado de aventureros llegados de las cercanías se congregaban en el muelle, esperando turno para sentarse en el sillón portátil del doctor Rubicundo Loachamín, el dentista, que mitigaba los dolores de sus pacientes mediante una curiosa suerte de anestesia oral.

—¿Te duele? —preguntaba.

Los pacientes, aferrándose a los costados del sillón, respondían abriendo desmesuradamente los ojos y sudando a mares.

Algunos pretendían retirar de sus bocas las manos insolentes del dentista y responderle con la justa puteada (*), pero sus intenciones chocaban con los brazos fuertes y con la voz autoritaria del odontólogo.

(*) grossièreté

—¡Quieto, carajo (*) ! ¡Quita las manos! Ya sé que duele. ¿Y de quién es la culpa? ¿A ver? ¿Mía? ¡Del Gobierno! Métetelo bien en la mollera. El Gobierno tiene la culpa de que tengas los dientes podridos. El Gobierno es culpable de que te duela.

(*) bordel

Los afligidos asentían entonces cerrando los ojos o con leves movimientos de cabeza.

El doctor Loachamín odiaba al Gobierno. A todos y a cualquier Gobierno. Hijo ilegítimo de un emigrante ibérico, heredó de él una tremenda bronca a todo cuanto sonara a autoridad, pero los motivos de aquel odio se le extraviaron en alguna juerga de juventud, de tal manera que sus monsergas de ácrata se transformaron en una especie de verruga moral que lo hacía simpático.

Vociferaba contra los Gobiernos de turno de la misma manera como lo hacía contra los gringos llegados a veces desde las instalaciones petroleras del Coca, impúdicos extraños que fotografiaban sin permiso las bocas abiertas de sus pacientes.

Muy cerca, la breve tripulación del Sucre cargaba racimos de banano verde y costales de café en grano.

A un costado del muelle se amontonaban las cajas de cerveza, de aguardiente Frontera, de sal, y las bombonas de gas que temprano habían desembarcado.

El Sucre zarparía (*) en cuanto el dentista terminase de arreglar quijadas (*), navegaría remontando las aguas del río Nangaritza para desembocar más tarde en el Zamora, y luego de cuatro días de lenta navegación arribaría al puerto fluvial de El Dorado.

(*) appareillerait   (*) les mâchoires

El barco, antigua caja flotante movida por la decisión de su patrón mecánico, por el esfuerzo de dos hombres fornidos que componían la tripulación y por la voluntad tísica de un viejo motor diesel, no regresaría hasta pasada la estación de las lluvias que se anunciaba en el cielo encapotado.

El doctor Rubicundo Loachamín visitaba El Idilio dos veces al año, tal como lo hacía el empleado de Correos, que raramente llevó correspondencia para algún habitante. De su maletín gastado sólo aparecían papeles oficiales destinados al alcalde, o los retratos graves y descoloridos por la humedad de los gobernantes de turno.

Las gentes esperaban la llegada del barco sin otras esperanzas que ver renovadas sus provisiones de sal, gas, cerveza y aguardiente, pero al dentista lo recibían con alivio, sobre todo los sobrevivientes de la malaria cansados de escupir restos de dentadura y deseosos de tener la boca limpia de astillas, para probarse una de las prótesis ordenadas sobre un tapete morado de indiscutible aire cardenalicio.

Despotricando contra el Gobierno, el dentista les limpiaba las encías * de los últimos restos de dientes y enseguida les ordenaba hacer un buche con aguardiente.

(*)las encías : les gencives

—Bueno, veamos. ¿Cómo te va ésta?
—Me aprieta. No puedo cerrar la boca.
—¡Joder! Qué tipos tan delicados. A ver, pruébate otra.
—Me viene suelta. Se me va a caer si estornudo.
—Y para qué te resfrías, pendejo (*). Abre la boca.

 (*) couillon


Y le obedecían.
Luego de probarse diferentes dentaduras encontraban la más cómoda y discutían el precio, mientras el dentista desinfectaba las restantes sumer- giéndolas en una marmita con cloro hervido.

El sillón portátil del doctor Rubicundo Loachamín era toda una institución para los habitantes de las riberas de los ríos Zamora, Yacuambi y Nangaritza.

En realidad, se trataba de un antiguo sillón de barbero con el pedestal y los bordes esmaltados de blanco. El sillón portátil precisaba de la fortaleza del patrón y de los tripulantes del Sucre para alzarlo, y se asentaba apernado sobre una tarima de un metro cuadrado que el dentista llamaba «la consulta».

—En la consulta mando yo, carajo. Aquí se hace lo que yo digo. Cuando baje pueden llamarme sacamuelas, hurgahocicos*, palpalenguas, o como se les antoje, y hasta es posible que les acepte un trago.

(*fouille-gueules)

Quienes esperaban turno mostraban caras de padecimiento extremo, y los que pasaban por las pinzas extractoras tampoco tenían mejor semblante.

Los únicos personajes sonrientes en las cercanías de la consulta eran los jíbaros mirando acuclillados *.  (*accroupis)

Los jíbaros, Indígenas rechazados por su propio pueblo, el shuar, por considerarlos envilecidos y degenerados con las costumbres de los «apaches», de los blancos.

Los jíbaros, vestidos con harapos* de blanco, aceptaban sin protestas el mote-nombre endilgado por los conquistadores españoles. (*guenilles)

Había una enorme diferencia entre un shuar altivo y orgulloso, conocedor de las secretas regiones amazónicas, y un jíbaro, como los que se reunían en el muelle de El Idilio esperando por un resto de alcohol.

Los jíbaros sonreían mostrando sus dientes puntudos, afilados con piedras de río.

—¿Y ustedes? ¿Qué diablos miran? Algún día van a caer en mis manos, macacos —los amenazaba el dentista.

 

Al sentirse aludidos los jíbaros respondían dichosos.
—Jíbaro buenos dientes teniendo. Jíbaro mucha carne de mono comiendo.
A veces, un paciente lanzaba un alarido que espantaba los pájaros, y 
alejaba las pinzas de un manotazo llevando la mano libre hasta la empuñadura del machete.

—Compórtate como hombre, cojudo. Ya sé que duele y te he dicho de quién es la culpa. ¡Qué me vienes a mí con bravatas! Siéntate tranquilo y demuestra que tienes bien puestos los huevos.

—Es que me está sacando el alma, doctor. Déjeme echar un trago primero.

El dentista suspiró luego de atender al último sufriente. Envolvió las prótesis que no encontraron interesados en el tapete cardenalicio, y mientras desinfectaba los instrumentos vio pasar la canoa de un shuar.

El indígena remaba parejo (*), de pie, en la popa de la delgada embarcación. Al llegar junto al Sucre dio un par de paletadas que lo pegaron al barco.

* pagayaient

Por la borda asomó la figura aburrida del patrón. El shuar le explicaba algo gesticulando con todo el cuerpo y escupiendo constantemente.

El dentista terminó de secar los instrumentos y los acomodó en un estuche de cuero. Enseguida tomó el recipiente con los dientes sacados y los arrojó al agua.

El patrón el shuar pasaron por su lado rumbo a la alcaldía.
—Tenemos que esperar, doctor. Traen a un gringo muerto.
No le agradó la nueva. El 
Sucre era un armatoste incómodo, sobre todo

durante los viajes de regreso, recargado de banano verde y café tardío, semipodrido, en los costales.

Si se largaba a llover antes de tiempo, cosa que al parecer ocurriría ya que el barco navegaba con una semana de retraso a causa de diversas averías, entonces debían cobijar carga, pasajeros y tripulación bajo una lona, sin espacio para colgar las hamacas, y si a todo ello se sumaba un muerto el viaje sería doblemente incómodo.

El dentista ayudó a subir a bordo el sillón portátil y enseguida caminó hasta un extremo del muelle. Ahí lo esperaba Antonio José Bolívar Proaño, un viejo de cuerpo correoso al que parecía no importarle el cargar con tanto nombre de prócer.

—¿Todavía no te mueres, Antonio José Bolívar? Antes de responder, el viejo se olió los sobacos. —Parece que no. Todavía no apesto. ¿Y usted? —¿Cómo van tus dientes?

—Aquí los tengo —respondió el viejo, llevándose una mano al bolsillo. Desenvolvió un pañuelo descolorido y le enseñó la prótesis.

—¿Y por qué no los usas, viejo necio?

—Ahorita me los pongo. No estaba ni comiendo ni hablando. ¿Para qué gastarlos entonces?

El viejo se acomodó la dentadura, chasqueó la lengua, escupió generosamente y le ofreció la botella de Frontera.

—Venga. Creo que me gané un trago.
—Vaya que sí. Hoy día sacó veintisiete dientes enteros y un montón de
pedazos, pero no superó la marca.
—¿Siempre me llevas la cuenta?
—Para eso son los amigos. Para celebrar las gracias del otro. Antes era

mejor, ¿no le parece?, cuando todavía llegaban colonos jóvenes. ¿Se acuerda del montuvio aquel, ese que se dejó sacar todos los dientes para ganar una apuesta?

El doctor Rubicundo Loachamín ladeó la cabeza para ordenar los recuerdos, y así llegó la imagen del hombre, no muy joven y vestido a la ma- nera montuvia. Todo de blanco, descalzo, pero con espuelas de plata.

El montuvio llegó hasta la consulta acompañado de una veintena de individuos, todos muy borrachos. Eran buscadores de oro sin recodo fijo. Peregrinos, los llamaban las gentes, y no les importaba si el oro lo encontraban en los ríos o en las alforjas del prójimo. El montuvio se dejó caer en el sillón y lo miró con expresión estúpida. —Tú dirás.

—Me los saca toditos. De uno en uno, y me los va poniendo aquí, sobre la mesa. —Abre la boca.

El hombre obedeció, y el dentista comprobó que junto a las ruinas molares le quedaban muchos dientes, algunos picados y otros enteros.

—Te queda un buen puñado. ¿Tienes dinero para tantas extracciones?

El hombre abandonó la expresión estúpida. —El caso es, doctor, que los amigos aquí presentes no me creen cuando les digo que soy muy macho. El caso es que les he dicho que me dejo sacar todos los dientes, uno por uno y sin quejarme. El caso es que apostamos, y usted y yo nos iremos a medias con las ganancias.

—Al segundo que te saquen vas a estar cagado y llamando a tu mamacita —gritó uno del grupo y los demás lo apoyaron con sonoras carcajadas.

—Mejor te vas a echar otros tragos y te lo piensas. Yo no me presto para cojudeces —dijo el dentista.

—El caso es, doctor, que, si usted no me permite ganar la apuesta, le corto la cabeza con esto que me acompaña.

Al montuvio le brillaron los ojos mientras acariciaba la empuñadura del machete. De tal manera que corrió la apuesta.

El hombre abrió la boca y el dentista hizo un nuevo recuento. Eran quince dientes, y, al decírselo, el desafiante formó una hilera de quince pepitas de oro sobre el tapete cardenalicio de las prótesis. Una por cada diente, y los apostadores, a favor o en contra, cubrieron las apuestas con otras pepitas doradas. El número aumentaba considerablemente a partir de la quinta.

El montuvio se dejó sacar los primeros siete dientes sin mover un músculo. No se oía volar una mosca, y al retirar el octavo lo acometió una hemorragia que en segundos le llenó la boca de sangre. El hombre no conseguía hablar, pero le hizo una señal de pausa.

Escupió varias veces formando cuajarones sobre la tarima y se echó un largo trago que le hizo revolverse de dolor en el sillón, pero no se quejó, y tras escupir de nuevo, con otra señal le ordenó que continuase.

Al final de la carnicería, desdentado y con la cara hinchada hasta las orejas, el montuvio mostró una expresión de triunfo horripilante al dividir las ganancias con el dentista.
—Sí. Esos eran tiempos —murmuró el doctor Loachamín, echándose un 
largo trago.
El aguardiente de caña le quemó la garganta y devolvió la botella con una 
mueca.
—No se me ponga feo, doctor. Esto mata los bichos de las tripas —dijo

Antonio José Bolívar, pero no pudo seguir hablando.
Dos canoas se acercaban, y de una de ellas asomaba la cabeza yaciente de 
un hombre rubio.

(...)

 

 

El resumen de la novela presentado por Valentina. Gracias Valentina, es una presentación atractiva, por eso la he escogida para mi blog de lectura y de escritura.

Terminaré este articulo con la video siguiente, muy completa e interesante. Podemos oír la voz de Luis Sepulveda en una emisión de la TV chilena acerca de escritores y podemos escuchar como comparte  la  escritura de sus novelas con la  literatura de America Latina. 

Adiós querido Luis, amigo de lecturas de America Latina

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DANS LE CREUX DE L'OREILLE AUX CONFINS DU CONFINEMENT

Dans le jardin, Clarisse aperçoit un arc-en-ciel

Dans le jardin, Clarisse aperçoit un arc-en-ciel

Le chapitre 4, 5, 6, 7 sont disponibles à la fin de cet article.

LE MOUTON SE REBIFFE :  Un drame, écrit  un après-midi d'été  étouffant, par Laurence-Marie Noé, Clarisse (8 ans) et une amie, Françoise, dans la joie et la bonne humeur. Tous les jours l'histoire continue ...   1 chapitre par  jour de lecture inédite ! Actuellement six  chapitres à lire seul ou accompagné.

Bonjour les enfants ! Cette histoire,  je l'ai écrite pour vous. Vous n'aurez qu'à écouter celui ou celle qui voudra bien vous la lire, ou bien la lire vous même, et laisser venir les images. Elles viendront toutes seules, et elles vous appartiendront, elles seront vos images, votre monde.

Vous avez ce pouvoir là, de créer des images dans votre tête au fur et à mesure que l'histoire se déroule.

Lire et écouter une histoire est d'autant plus important qu' il est interdit de caresser et de bercer un mouton pour de vrai, aussi mignon et rond soit-il, et lui faire des bisous dans le cou, parce qu'il est interdit de sortir et d'aller dans les prairies pendant que nous sommes confinés.

Puissions-nous encore le faire en rêve ! Se laisser confiner par un mouton, c'est doux, ce n'est pas dangereux, et ça sent bon l'herbe coupée. On peut plonger les deux mains dans sa toison et se réchauffer le coeur à la sortie de l'hiver, encore un peu frisquet. 11° aujourd'hui à Nice. Il n'a pas fait aussi froid de tout l'hiver.

Alors pelotonnez-vous (*) dans le sofa, avec un coussin sous la nuque, les oreilles bien ouvertes, et laissez vous transporter par le train des rêves, au pays des moutons.

(*) blotissez-vous, mettez-vous en pelote (de laine de mouton !)

Note au lecteur : Amusez-vous à le lire de différentes façons, plutôt d'une manière expressive, lentement et en prononçant certains mots avec gourmandise.

4ème de couverture : Georges est un mouton malheureux, méprisé par tout le monde, sauf par Croquoline son amie. Comment arrivera-t-elle à sauver son ami mouton de cette triste situation ?

Thèmes abordés : l'amitié, la solidarité,  le harcèlement, la prise de parole, le pouvoir des mots, la confiance en soi, la gentillesse, la méchanceté, la sincérité, l'hypocrisie.

 

 

 

 

                                                 CHAPITRE 1

              IL ETAIT UNE FOIS... UN MOUTON

 

Il s’appelait GEORGES,  car ses parents adoraient la verte Angleterre et lui avaient donné un nom de roi.
Dans les prés aux mille marguerites,  on avait déclaré qu’il était un peu bête parce qu’il avait pris l’habitude de répondre:
« Ben euh..euh.. euh.., quoi  a.. a.. a.. » à toutes les questions qu’on lui posait.     

Se moquer de lui était un jeu,  jusqu’aux plus hauts sommets des plus hautes montagnes, loin, loin jusqu’aux confins des pâturages et des déserts.

Pauvre Georges, il était bien malheureux et seul. Souvent, paissant lentement, il regardait les longs nuages moutonnants, et  laissait alors ses pensées voguer très loin, jusqu'au pays où les moutons normaux n’existaient pas.

Car en fait, et c’est là le drôle de l’histoire, Georges le mouton n’avait rien d’un mouton. Disons qu’il était original, et c’était pour cela que l’on se moquait de lui et qu’on se permettait de lui donner des ordres  : « Georges par ci, Georges par là, Georges, Georges, Georges" et il n’en pouvait plus, il en avait par dessus la casquette de mouton (il faut que je vous dise, cette expression est très courante dans la prairie fleurie).


Physiquement, il n’avait rien d’un mouton. Il portait une toison épaisse, aux reflets bleus, surtout au soleil, à faire pâlir le ciel et aux poils très raides, qui étaient ramenés sur le front comme une frange. « Mais d’où il sort ç’ui-là ?» disait souvent sa mère, à la fois fière et inquiète.


« Eh ! le frisé ! viens par là», ça c’était Raquette, sa soeur avec ses sabots noirs, la vilaine, (oh oh oh, avec ses sabots dondaine *), qui  le hélait pour se moquer, encore se moquer, toujours se moquer, et Croquette, et Pacrette, ses deux autres soeurs, qui tournaient, tournaient autour de lui, « eh,  Le frisé ! le frisé ! «   et Georges devenait tout rouge de honte, avec ces brebis  bêlantes, trop brebis à son goût, trop normales et surtout trop méchantes.
 

 (*)vous pouvez fredonner l'air de la chanson : en passant par la Lorraine  avec mes sabots ....                                

 

Atelier d'écriture sur le texte :

1) As-tu tout compris ?

Que signifie le titre : Le mouton se rebiffe ?

Pouquoi pense-t-on que Georges est bête ?

Est-il frisé ? pourquoi ses soeurs l'appellent "le frisé" ?

2) Que veut dire l'expression : En avoir par-dessus la casquette ?

- il aimait porter une casquette

- il n'en pouvait plus

    Qu'est-ce qu'une toison ? Donne un synonyme.

3) Donne une suite à cette histoire en 10 lignes, et envoie la sur mon mail : plauranice@gmail.com

4) Dessine un mouton (comme le petit prince !), prends ton dessin en photo et envoie la sur mon mail : plauranice@gmail.com

 

Demain, Clarisse et moi-même vous invitons tous à lire, ensemble et à voix haute ....  A demain

 

Jeudi 26 Mars 2020

Bonjour les enfants !  Comme promis, voici la suite de l'histoire du mouton Georges. J'espère que vous aimez Georges, malgré ses petits défauts, car il en a bien besoin.

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                       CHAPITRE 2

                Georges est invité

 

« Ben euh! quoi ! ça vous dér.r.ran.an..ange ? » c’était tout ce qu’il trouvait à dire, et il faisait rouler  les r.r.r. en repliant sa langue sur le palais et en faisant traîner la dernière syllabe ran en prononçant « run ».

 

Même Sifflet, le serpent voulait lui donner des ordres : « Va me ser..ser        de l’eau, mouton ! » sifflait-il avec son énorme cheveu sur la langue, et « vite », « z’ai ssoif  !».

Alors Croquoline, la teckel, qui avait un croc contre tout le monde, mais fort jolie et gentille par ailleurs, dit à Georges 

»Pourquoi tu te laisses faire, tu es trop gentil ! Ils profitent tous de toi dans la prairie. Réveille-toi! ».

« Ah ! euh ! ben quoi … C’est vrai ? »

« Ben oui quoi, t’es mou, mou, mou, mouton ! » dit-elle, et elle sauta sur Sifflet, et lui mordit la queue.

 

« Ouille, ouillouille! à l’aide !» Sifflet  se carapata en glissant, se faufilant, et en prenant la poudre d’escampette dans les hautes herbes et les fougères de la prairie. Maintenant on l’entendait pleurer au loin. Cela lui faisait un peu mal.

 

« Quel foin celui-là (*) !» s’écrièrent  Raquette, Croquette et Pacrette, bien contentes que Sifflet ait pris une bonne leçon et toujours aussi méchantes, rirent aux éclats mais leur bouche était un peu tordue.

(*)autre expression de la prairie qui signifie « il en fait des histoires »

 

Croquoline  alors prit la parole : « Georges, je t’invite au salon de thé Pissenlit, demain à trois heures pile poil de mouton. Il y aura des gâteaux  crocroustillants (*) Qu’on se le dise ! Et qui m’aime me suive !

(*) patois de la prairie, qui signifie : très croustillants et croquants

Mais personne ne bougea …

 

« Ben euh! quoi! oui! j’adore la crème Chantilly ! ça ressemble aux nuages de mes pensées ou aux chevelures des moutons normaux. »

 

« Alors, qu’as-tu décidé, tu viens ou tu ne viens pas ?», Croquoline voulait savoir et elle le trouvait bien mou, mou, mou, ce mouton.

 

Les trois soeurs dans leur coin, observaient la scène et rongeaient leur sabots noirs. Elles n’étaient pas invitées et elles en étaient vertes de rage.

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Vous connaîtrez la suite demain ...  Soyez sages, restez bien confinés et lisez de belles histoires. Ou bien transformez celle-ci à votre guise (*)

- Sais-tu ce que veut dire : prendre la poudre d'escampette ?

C'est une expression qui vient de l'ancien français, très imagée.

"escamper"  voulait dire  s'enfuir. Ce qui signifie que Sifflet, le serpent est parti sans demander son reste. 

(*) guise : c'est un mot qui vient du francique, la langue des Francs (wisa = manière). "à votre guise" veut dire "à votre manière", comme vous l'entendez. C'est un bien joli mot encore très employé.

 

 

 

Aux oreilles de ceux qui lisent ces mots :

Bonjour les enfants ! Nous sommes aujourd'hui le vendredi 27 mars 2020. Dehors le temps est gris et froid, et tout est recouvert d'étrangeté.  Nous sommes toujours confinés, et nous ne fuyons plus notre monde intérieur mais nous le recherchons. La voix s'élève, une voix humaine, sans image et sans écran.

Aucun enfant ne peut résister à la voix humaine, directe, celle qu'ils ont entendu peut-être lorsqu'ils baignaient dans le liquide amniotique, comme des petits poissons. Cette voix est un besoin tapi au fond de tout être. La voix humaine, avec ses mélodies à l'infini, ses timbres uniques, qui touchent et enveloppent autant que les bras. La voix portent des sons que l'on perçoit dans leur douceur ou leur dureté, ces sons qui portent des mots et enfin des idées et des images et qui deviennent très proches, comme un souffle dans le creux de l'oreille. Et tout à coup on voit la scène comme si nous étions dedans (ce qui est différent du cinéma).

Alors retrouvons ce lien hors du temps, direct, réel, coloré, sensible qui nous relie tous les uns aux autres par l'expérience des mots seuls.

Et lisons, lisons ensemble, à voix haute ou silencieusement et écrivons, formons des lettres et des mots, qui sont faits de cette matière incroyable qui est le plaisir d'entendre, d'écouter ou de voir des mots,  pour ce qu'ils représentent et dessinent à l'intérieur de notre corps.

Nous n'avons pas besoin d'outils sophistiqués, de télévisions, d'odinateurs (ce qui est contradictoire avec ce que je fais présentement), de portables, juste notre voix et notre désir d'utiliser notre voix, de former des mots,  je dirais aussi des sons ... Au moins pendant ce temps de lecture à plusieurs dans notre espace confiné.

Essayez de caresser un chat avec des mots prononcés pour lui, juste pour lui et voyez l'effet que vous produisez sur lui.

Mais à partir du moment où la technique existe, pourquoi ne pas l'utiliser ? C'est aussi le propre des humains que d'inventer et de créer, et d'essayer de dépasser les limites du corps (dans le temps et dans l'espace) et de vous atteindre silencieusement. 

Ainsi je ne dis pas qu'il ne faut pas utiliser les outils techniques qui sont à notre portée. Mais il faut veiller à réserver un temps à la voix nue, au mots écrits. Les outils nous sont utiles comme peuvent l'être le couteau, le stylo ou la roue. Ils sont des objets,  et nous pouvons nous en servir pour ce qu'ils sont, si possible pour créer quelque chose, et nous aider ou nous encourager à être créatif et pour nous aider à rester en relation avec les autres.

Retrouver la simplicité, le dépouillement, le dénuement, la voix seule, c'est l'opportunité que nous offre le confinement. Alors, expérimentez, si vous ne l'avez pas déjà fait. 

Cette expérience du confinement, est une expérience unique. L'échange mondial des virus   prend-il sa source dans la sur-consommation mondiale, et la sur-production au mépris de cette matière précieuse, la terre, au mépris des cycles, des saisons, des besoins des êtres vivants, des hommes, des plantes, des animaux ?

Des virologues (et oui ! cela existe) australiens avaient prévu dés 1960, que la prochaine pandémie viendrait du sud de la Chine, du fait des transformations (destructions) écologiques : augmentation du nombre de volailles (de 13 millions en 1968 à 13 milliards en 1997 ! et combien aujourd'hui ?), déforestations massives, qui amènent les chauves-souris près des habitats urbains ... (Télérama du 28 mars 2020, propos de Frédéric Kerk, recueillis par Juliette Cerf. Frédéric Kerk est anthropologue, philosophe et a écrit : "Un monde grippé" 2010 et "Les Sentinelles des pandémies. Chasseurs de virus et observateurs d'oiseaux aux frontières de la Chine" éd. Zones sensibles)  

  

Mais revenons à nos moutons, et à notre cher Georges, le mouton qui portait un nom de roi anglais, et vagabondez avec lui, au gré de cette lecture.

                                               CHAPITRE 3

                         Georges est bien embêté !

 

Mais elles étaient futées et fières, les trois soeurs, et elles gardèrent leur bave à l’intérieur. Elles s’adressèrent ainsi à Georges, d’une même voix et un peu en minaudant, ce qui se traduisait par la tête penchée un peu sur le côté, la bouche en queue-de-poule (pas facile à faire), et les paupières qui papillonnent. Ainsi s’adressèrent-elles à Georges en ces mots :

« Mon cher Georges, frère adoré,  nous sommes si heureuses que tu sois invité par Croquoline. Mais …. ne préfèrerais-tu pas venir avec nous à la pâtisserie de la Bergerie Rouge, celle qui ensorcelle tous les moutons des environs, avec leurs sucreries aux herbes du Tibet ? »

« Ah ! euh ! ben,  p’têt ben qu’oui, quoi, mais euh après quatre heures, car  Croquo, quoquo, quoquo. Bon, on verra demain, tagada t’soin  t’soin", répondit Georges qui ne trouvait pas ses mots.


Le lendemain,

Raquette rencontra Croquoline devant la pâtisserie.

Elle se regardèrent en chien de faïence et commencèrent à se tirer la langue et à se chamailler : « De quel droit est-ce que tu invites notre frère ?  Il est à nous et à nous seules. »

« Par tous les chiens de la terre, par tous les  teckels et les  labradors de Tasmanie, je n’ai jamais rien entendu d’aussi bête et méchant. Georges, mon ami n’appartient à personne !» répondit Croquoline à Raquette, « et puis je l'invite si je veux, c'est mon ami et cela ne te regarde pas. »

Georges arriva sur ses grandes espadrilles. (*)

(*) sorte de chaussures en toile et à semelles de cordes que les moutons portent dans les Pyrénées

« Euh, ben quoi ? qu’est-ce que vous faites ? »

« Mon dieu, qu’il est mou, mou, mou, ce mouton » pensa Croquoline « mais je l’aime bien quand même, car il est naïf et rêveur, et j'aimerais qu'il arrive enfin à se défendre. »

 

Et voici les petites questions sur le texte :

- Est-ce qu'on t'a déjà regardé (e) en chien de faïence ? Comment comprends-tu cette expression ?   Penses-tu qu'elles se caressent du regard, ou bien qu'elles se regardent de travers ?

- Que penses-tu des mots de Raquette : "... notre frère, il est à nous". Penses-tu que ce sont des mots gentils de la part de Raquette ?

ou bien : "mon cher Georges, frère adoré". Est-ce que Raquette le pense sincèrement ? pourquoi lui propose t-elle elle aussi une invitation à la pâtisserie ?

- Que va faire Georges,  ira-t-il au salon de thé  ou à la pâtisserie ?

Chers enfants,

J'attends vos dessins, vos petites histoires, vos déclarations d'amour ou les mots que vous voulez adresser à Georges à    :   plauranice@gmail.com

Bonne journée, et à demain    Laurence-Marie

Bonjour les enfants, nous sommes le samedi 28 mars 2020, Georges le mouton qui porte un nom de roi anglais, a beaucoup de mal à prendre une décision ferme.                                                           

Que va faire Croquoline, son amie teckel ?

                                   CHAPITRE 4                                                       Croquoline a du mal à se faire entendre                                           

Croquette qui n’était pas très loin, rappliqua et mit les pieds dans le plat, car elle se prenait pour une star et aimait faire tout un plat de petits évènements qui n’avaient aucune importance. Sacré cuisinière, Croquette !

« Viens donc avec nous, frérot chéri, et n’écoute pas cette pimbêche de Croquoline, qui te fait du plat, (décidément Croquette, la coquette s’intéressait aux petits plats, pensa Croquoline) alors que nous, nous ne voulons que ton bien et nous, nous t’invitons à la Bergerie Rouge. Ne perdons pas de temps, prends mon sabot et suis moi. »

Croquoline tenta encore une fois un : »Bon, ça suffit maintenant. Georges, c’est à toi de décider ».

Georges prit un air effaré et plein de craintes : »Ben euh, quoi, on verra, oui, on verra ce qu’on verra ! » Il voulut s’esbigner(*), et prendre ses grandes espadrilles à son cou.

(*) patois de la prairie qui signifie "s'enfuir"

A ce moment là, les soeurs, Croquette, Raquette et Pacrette, entraînèrent Georges, dans un nuage de poussière, ou plutôt le traînèrent comme une serpillère. Georges se mit à pleurer. Mais ses soeurs, elles , crièrent victoire (ou plutôt bêlèrent, car c’était des brebis qui ne gardaient pas leur langue dans leur poche) et elles se mirent à chanter une chanson populaire :


« Ils sont amoureux,
De l’eau dans les yeux,
Ils sont amoureux,
Scronieunieu, scronieunieu. »

Et on pouvait entendre, dans la grande prairie toutes les voix reprendre le refrain, en choeur, du cheval à la sauterelle. Croquoline, la teckel,   se boucha ses longues oreilles.

Croquoline était bien dépitée, et même déconfite. Que faire avec un mouton aussi mou, mou, mou. « quel pâté ! (*)»  . Gentil ce Georges, mais pas fûte-fûte et un peu empoté de surcroît. Mais je l’aime bien et je voudrais l’aider et donner une bonne leçon à ses soeurs, mais comment faire ?

(*)expression très familière utilisée dans la prairie des marguerites

La troupe arriva à la Bergerie Rouge, celle  qui ensorcelle tous les moutons des environs. Georges avait  les yeux rouges, et sa belle toison bleutée s’en allait en capilotade.  En effet,  le pauvre Georges n’était pas très ragoûtant et s’en allait en morceaux . Il n’avait plus de forme et se sentait  minable. « Ben ! euh, voilà ! Vous voyez ? » pleurnichait-il.

(*) mot des cousins moutons espagnols, capirotada : ragoût. C’est un plat délicieux fait avec des restes de viande, c’est à dire en morceaux.

Pendant ce temps, Croquoline s’en était allée par le vent mauvais, jusque chez elle. Personne n’avait remarqué qu’elle était partie. Elle pleurait aussi, elle ne voyait plus rien, qu’un chemin noir et sans fin devant elle.

 

A demain, Que va devenir Croquoline ? Va-t-elle abandonner son ami Georges aux mains de ses soeurs ?

 

                 CHAPITRE 5

            A la Bergerie Rouge

 

A quelques milles de là,  à la Bergerie Rouge…

La fête battait son plein. « Plouf, plouf, plouf , patapoum! Un, deux, trois, c’est toi! »  « Tiens, Georges, prends de la Chantilly … et vlan!   Pacrette lui envoya une cuiller pleine de crème sur son museau. « Ben, euh ! voilà».  Georges ne savait que dire.

 

Ils jouèrent à saute-mouton, mais Georges n’arrivait pas à sauter très haut et souvent il finissait patatras par terre, ce qui amusait beaucoup la galerie . Ils jouèrent comme des fous,  à la balançoire et ils mangèrent des gâteaux au pissenlit recouverts de crème.

 

Raquette, toujours prête à faire un coup, eut une meilleure idée, elle lui apporta un bol d’herbe recouverte d’une mousse épaisse, à l’aspect onctueux. Elle dit au pauvre Georges :

 »ferme les yeux, et ouvre la bouche, très grand, là, très bien ! » Georges ouvrit, très grand, très grand  et soudain, s’étrangla, s’étouffa, cracha.«Mais c’est du savon,ce n’est pas de la Chantilly ! "   

Il toussa, il toussa et sa gorge était toute enflammée. Il chercha Croquoline, mais tout à coup il se rendit compte qu’elle n’était pas là. « Où est Croquoline ? » dit  Georges « Où est Croquoline, où est Croquoline?» bêlèrent  Raquette, Croquette , et Pacrette, en répétant ce qu’il disait, et en le singeant.

 

Cette fois-ci, Georges s’énerva un peu. Il ne l’entendait pas de cette manière et décida d’aller chercher Croquoline. Mais avant, il avait certaines choses à dire.

 

                CHAPITRE 6

        Et Georges prit la parole

 

Il se leva, prit une grande respiration, respira, respira longuement … longtemps, profondément, lentement. Il redressa son grand torse et, dit,  oui, il dit, (je vous assure), Georges parla, et soudain les mots lui vinrent comme si une fée lui soufflait doucement ce qu’il devait dire, pour se faire entendre,  pour se faire comprendre.  Et c’était facile, très facile, car  il sentait le souffle protecteur de la fée à son oreille.

 

« Vous, mes soeurs, Raquette, Croquette et Pacrette, vous, là, qui êtes devant moi et riez à mes dépens, je vous accuse, oui, je vous accuse, devant toute cette assemblée,  je vous accuse de méchanceté ! ». Quand il parlait, il s’arrêtait à chaque mot, presque à chaque syllabe et les regardait droit dans les yeux qu’elles baissaient. Et soudain sa toison bleuâtre et sale parut ...   un habit de lumière.

 

Les soeurs auraient voulu se moquer, se moquer, mais … elles ressentaient tout à coup une grande faiblesse, une grande honte, et une grande fatigue. Elles baillèrent et s’excusèrent. Il n'y avait plus aucun mot qui leur venait à la bouche.

 

« Vous, mes soeurs, c’est à vous que je parle. Je vous plains, vous vivez dans la méchanceté depuis que je suis né.  Comme vous devez être malheureuses,  comme votre vie doit être difficile ! 

 

Mais si vous voulez, vous pouvez prendre pension à l’hôpitel*(*mot de la prairie,  qui signifie hôpital et hôtel à la fois) de Moutonville, ils sont très gentils là-bas et  ils vous donneront un lit tout blanc. Ils savent comment faire avec des brebis trop moque-bêlantes*. (*Georges avait inventé ce mot,  et il le prononça lentement, le mâcha comme s’il broutait)». Et tous les  animaux attrapèrent ce mot et le mâchèrent avec plaisir et se le murmurèrent à l’infini des plaines … Et ils firent de même avec tout son discours qui devint leur pensée.

 

 

Aujourd'hui, dimanche 29 mars. Bonjour les enfants !


Tu pourras lire deux chapitres de cette histoire.

Demain, ce sera repos.

Essaie de transformer cette histoire à ta guise (tu te souviens de  "à ma guise", "à votre guise" ... ?)

Ne te demande pas ce que tu pourrais écrire, écris, c'est tout.

Aujourd'hui j'ai reçu une vidéo pleine d'humour sur les difficultés (et j'ajouterais  les beautés) du français. 

Regarde-la !  Elle se trouve à la fin de l'histoire.

A bientôt et bonne nuit.

Chers enfants de France et du monde entier,

Aujourd'hui, nous sommes le 8 avril 2020, trois semaines que nous sommes confinés. Courage ! Le printemps revient avec sa douceur et ses verts tendres et frais. Et voici la fin de l'histoire de Georges, le mouton.

                    CHAPITRE 7

              Les mots de Georges

 

Georges leur avait donné des mots pour qu’ils pensent plus juste, et c’était infiniment précieux, oui,  plus précieux que tous les biscuits du Tibet.

 

« Je vous ordonne (là, l’assemblée était bouche bée, on entendait les mouches voler, on n’avait jamais vu de mémoire de mouton,  un mouton aussi décidé, avec autant de grandeur.) » Etait-ce Georges, vraiment, rayonnant, étincelant, là devant leurs yeux et qui parlait, parlait ?

« Je vous ordonne d’aller chercher Croquoline, et de la porter dans vos bras  jusqu’ ici,  illico et  presto.  Allez ! o u s t e  et que ça saute !     mouton ! «  et tout le monde se mit à rire, pour des moutons cela ressemble à des milliers de bêlements, entre roucoulements de pigeons et   glougloutements de dindon. Autant vous dire, que le rire est très communicatif.

 

Et ce fut une joyeuse farandole jusqu’à la maison de Croquoline. Seules les trois soeurs, vexées, honteuses, se trouvaient à la queue et avançaient en traînant les sabots. Pas très belles, les trois stars, et muettes de surcroît.

Et ce fut une fête incroyable, qu’on avait jamais connue de mémoire de mouton. Quelle joie ! quelle ambiance !

 

Et c’est ainsi, que la paix revint dans la prairie aux mille marguerites et surtout dans le coeur de Georges, qui était devenu un sage que tout le monde venait consulter. Georges resta avec Croquoline et se fit une multitude d’amis. Les soeurs petit à petit ne cherchèrent plus à se moquer. C’était devenu inutile. Peut-être s’étaient-elles rendu compte qu’elles vivaient mal avec leur méchanceté et peut-être avaient-elles décidé de changer de comportement car c’était beaucoup plus amusant et sympathique.

 

Qui eût pensé qu’un jour Georges parlerait et dirait clairement ce qu’il voulait ? ce qu’il aimait ? et qu’on l’écouterait ?

 

Désormais, tous les ans, à la même date eut lieu une fête des moutons, extraordinaire, dont l’écho se répandait par delà les montagnes, les fleuves, les mers, et les plaines. Et tous les animaux de la terre écoutaient.

 

Ils appelèrent ce jour,  la Fête de la Réconciliation. Tous, même Sifflet en connaissait l’adage, qu'on apprenait dés que l'on marchait.

 

« Ah quoi bon se détester, quand on peut ne pas

se détester.

A quoi bon se moquer quand on peut ne pas se moquer,

Entrez dans la danse et honni soit qui mal y pense.

La danse, la danse, la danse,  oui, on préfèrera

A la guerre, à la guerre, non, non, non,

Jamais, jamais, jamais »

 

Ce jour là, tous les moutons se faisaient beaux, et se tenaient par le sabot, en se balançant de droite à gauche, tous ensemble.

 

Ils firent une chanson, une sorte d’hymne qu’ils chantaient (bêlaient plutôt, mais pas moque-bêlaient) en choeur et avec coeur comme des frères et des soeurs.

 

Nous les  moutons de  la prairie,

Nous sommes tous unis et tous amis.

Entre nous  point de  moquerie

Foin de Raquette, et de Croquette

Foin de Pacrette,

Par la volonté de Croquoline,

Entendez dans les prairies,

La voix de Georges qui vous dit : »

 

Et on reprenait depuis le début … en tapant des sabots en cadence. C’était très beau et tout le monde était heureux.

 

C’est ainsi que Georges devint le mouton le plus aimé de la prairie.

 

                        FIN

Ate

Atelier d'expression orale, avec ton papa, ta maman, ou un grand frère, une grande soeur, un grand-père, une grand-mère ... ou qui tu veux.

1) Comment Georges a-t-il réussi à changer les choses et à retourner les moutons en sa faveur ?

2) Penses-tu que Georges a eu raison de parler à tous les moutons ?

3) Quels sont les mots importants qu’il utilise ?

4) Que fait-il avant de commencer à parler ?

5 ) Est-ce que tu aimes comment finit cette histoire ? Aurais-tu préféré une autre fin ? Laquelle ?

 

Ajoutez des commentaires à cet article. Avez-vous aimé cette histoire ?

... Bonne nuit.

 

les beautés du français par nos amis canadiens

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